Marché de l’emploi et tendances de la rentrée : Interview avec Hicham LAKHMIRI

Les entreprises réactivent leurs programmes de recrutement.

Les embauches ont connu une trêve pendant les congés, qui cette année coïncidaient en plus avec le Ramadan. On s’attend donc à une rentrée très animée  tant pour les recruteurs que pour les chercheurs d’emploi. Hicham Lakhmiri, DG du portail Amaljob.com, fait l’état des lieux du marché en cette période.
 
Comment se porte le marché de l’emploi actuellement ?
Selon la dernière note d’information du Haut Commissariat au Plan (juillet 2010), le nombre de chômeurs au Maroc a augmenté de 4,2%, mais le taux de chômage, s’est établi à 8,2% au deuxième trimestre 2010 contre 10% au premier. 140 000 emplois ont été créés dans la même période. Toujours selon le HCP, les secteurs de l’agriculture, du BTP-Génie Civil et de l’industrie ont été à l’origine de la quasi-totalité des emplois créés, à l’exception, pour les services, du secteur des call-centers qui a bien résisté à la crise et poursuivi ses recrutements. Le retour d’expérience d’Amaljob.com nous permet d’affirmer sans surprise que les embauches ont connu une trêve pendant les congés, qui, cette année, coïncidaient en plus avec le Ramadan. On s’attend donc à ce que la rentrée soit plus animée pour les recruteurs et les chercheurs d’emploi, d’autant plus que la reprise est plus ou moins là. Tout ce qui avait été abandonné en 2009 en termes de recrutement, de formation, de motivation du personnel, de gestion des compétences revient en force. Les entreprises doivent en effet pouvoir compter sur les meilleurs talents si elles veulent espérer prendre le train de la relance en marche.

Quels sont les secteurs qui recrutent actuellement ?

Certains secteurs sont en train de mettre en place des plans de recrutement massifs pour soutenir les grands projets d’infrastructure actuellement en chantier (programme Emergence, plan Azur, plan Maroc Vert, programmes d’habitat urbain, etc.).  Les secteurs concernés sont : l’off-shoring, l’IT, le tourisme, le BTP, l’automobile, l’aéronautique, la logistique ou encore l’agriculture.
 
Que recherche-t-on comme profils actuellement ?

Responsable commercial, chef de vente, chargé d’affaires ou des profils liés à la finance : contrôleur de gestion, responsable financier. Le contexte est aussi très concurrentiel pour les entreprises qui souhaitent capter des profils de techniciens, d’ingénieurs et de chefs de projet expérimentés dans l’industrie et l’informatique, encore trop peu nombreux sur le marché. Les entreprises du BTP/Génie Civil peinent ainsi à recruter des chefs de chantier, conducteurs d’engins, techniciens méthodes, grutiers… Le secteur touristique connaît lui aussi une pénurie de ressources humaines due au manque de formations spécialisées. La seule solution pour les recruteurs c’est de recourir à une main-d’œuvre étrangère pour les postes de réceptionnistes, responsables d’hébergement, concierges, directeurs d’hôtel, chefs-cuisiniers, chefs-pâtissiers… Mais il est vrai que les recruteurs sont devenus de plus en plus exigeants. En plus des compétences techniques, c’est l’expérience professionnelle dans le même domaine du poste à pourvoir, voire des qualités personnelles (adaptation, réactivité, autonomie, initiative, sens du résultat, esprit d’équipe, capacité à travailler en mode projet), qui sont recherchées. Cela est tout à fait normal car les besoins en recrutement sont de plus en plus précis, et l’employeur cherche à optimiser son recrutement par des profils immédiatement opérationnels. De plus, les temps d’adaptation aux postes sont de plus en plus réduits, et les exigences en termes de résultat de plus en plus élevées.

Quelles sont les perspectives pour les mois à venir ?
Globalement, et si on analyse le volume des offres d’emploi programmées et les informations données par les recruteurs, tous les indicateurs devraient être au vert pour le marché de l’emploi cadre. Les entreprises commencent à anticiper une reprise après la crise, et veulent recommencer à investir, notamment dans les ressources humaines.
Pour ceux qui sont tentés de changer de travail ou d’employeur, et pour les nouveaux entrants sur le marché que sont les jeunes diplômés, le temps de recherche devrait être court. Les négociations entamées avant le Ramadan ou les vacances seront réamorcées, les demandes d’embauche seront à nouveau examinées.