L’utilisation des outils Web 2.0 est encore timide dans l’entreprise

Le recours au «chat» permet aux employés de communiquer en interne en temps réel.
Au Maroc, l’utilisation des outils de Web 2.0 est bridée par la dominance de la culture de communication verticale.

Le développement d’une culture collaborative dans l’entreprise exige de briser la hiérarchie.

Directeur des systèmes d’information à Lydec, Jaouad Benhadou, qui est également président de l’Association des utilisateurs des systèmes d’information (AUSIM), est bien placé pour évaluer l’évolution de l’utilisation des réseaux collaboratifs dans l’entreprise et mettre en évidence les moyens d’élargir le nombre d’utilisateurs. Selon lui, le Maroc est encore à la traîne dans ce domaine, et «l’entreprise se doit d’être à l’écoute de la dynamique d’innovation pour consolider le processus de croissance et de performance».

Quels sont les outils de travail collaboratifs déployés par les directeurs des systèmes d’information pour assurer une meilleure performance au sein de l’entreprise ?

Les outils de collaboration à l’intérieur de l’entreprise doivent servir sa performance économique, sociale et environnementale.
Ces outils de productivité couvrent un large périmètre de la problématique au sein de l’entreprise. A titre indicatif, l’usage d’un outil tel que «IdeaJam» permet d’encourager la proposition et la sélection des idées en interne d’une manière fluide et collaborative grâce à l’intranet. Le recours au chat, que ce soit sur une plateforme Lotus ou Exchange, permet aux employés de communiquer en interne en temps réel et d’une manière beaucoup plus réactive que le courrier électronique. Le Wiki commence, pour sa part, à être privilégié comme vecteur de rédaction collaborative compte tenu de ses atouts, notamment en termes de facilité de publication électronique. Enfin, les leaders et chefs d’entreprises osent lancer en interne des blogs pour plus de proximité vis-à-vis de leurs employés et afin de booster leur adhésion sur les différents chantiers de l’entreprise.

Où en sommes-nous dans l’utilisation de ces différents outils collaboratifs au sein des entreprises au Maroc ?

Il y a des entreprises où l’appropriation de ces différents outils vient de la base et non de la direction. L’initiative provient principalement des cadres de la direction des systèmes d’information, de la direction communication et marketing ainsi que des DRH. Néanmoins, l’utilisation des outils de web 2.0 reste timide au Maroc à cause de la dominance de la culture de communication verticale. Or, le développement d’une culture collaborative au sein de l’entreprise exige un préalable, à savoir briser la hiérarchie pour encourager la proximité.

Est-ce que les risques de dérapages ne sont pas à l’origine de cette réticence d’appropriation de ces outils ?
Je pense que le risque existe. Mais, à l’instar de l’expérience de la généralisation du courrier électronique au sein de l’entreprise, la démocratisation de ces outils n’est pas aisée. Il a fallu mettre une charte d’usage du e-mail pour réguler et éviter les risques de dérapages au niveau des usages par les employés.
Le même schéma s’applique sur le Wiki, les blogs, le chat interne et l’intranet….

Que faire maintenant pour encourager leur appropriation au sein des entreprises marocaines ?
Le premier pas est d’encourager des expériences pilotes en interne en partenariat avec des professionnels et des experts pour soutenir le processus d’appropriation.
Ce processus doit être accompagné par une démarche de généralisation graduelle en fonction du déploiement de différents projets de l’entreprise.
Parallèlement, il faut établir des règles de bonne pratique d’usage pour éviter les abus et les dérapages. Il faut juste capitaliser sur le retour d’expérience du e-mail.S’agissant du Wiki, il peut être encouragé en interne par l’incitation des cadres à la rédaction de groupe de  documents. L’essentiel pour l’entreprise est d’être à l’écoute de la dynamique d’innovation pour consolider le processus de croissance et de performance.