les handicapés restent marginalisés sur tous les plans

Le Conseil économique, social et environnemental (Cese) réclame plus de transparence sur la collecte d’informations sur cette population avec des données fiables pour concevoir de réelles politiques la concernant.

La problématique du handicap revêt un caractère de plus en plus préoccupant dans le monde. Selon un rapport de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) publié en 2011, ils représenteraient 15% de la population mondiale, soit plus d’un milliard d’individus. Ils ont une probabilité plus grande de ne pas travailler et sont en général moins bien rémunérées quand ils ont un emploi. Les taux d’emploi pour les hommes handicapés (53%) et les femmes handicapées (20%) sont inférieurs à ceux des hommes (65%) et femmes (30%) non handicapés. Sans parler de l’exclusion de la vie sociale. Ainsi, les personnes handicapées n’ont souvent pas accès aux espaces publics à cause de barrières physiques et, souvent, elles ne peuvent pas participer aux prises de décisions politiques.

En ce qui concerne le Maroc, le Conseil économique, social et environnemental (CESE) avait mis l’accent, dans un rapport, sur la nécessité de disposer de données fiables pour concevoir des politiques et stratégies concernant cette population.

Outre l’exclusion dans le monde du travail, les personnes en situation de handicap rencontrent souvent des difficultés à accéder au crédit pour financer des activités génératrices de revenus (AGR) et des micro-entreprises. Les ateliers protégés et les centres d’aide par le travail ne bénéficient pas du soutien nécessaire à leur développement. De même qu’en matière de formation professionnelle, un nombre réduit de centres mixtes a été rendu accessible par l’Office de la formation professionnelle et de la promotion du travail (OFPPT), mais les autres  instituts restent largement inaccessibles.

Le quota de 7% dans le public est rarement respecté

En conséquence, les personnes en situation de handicap restent marginalisées des circuits ordinaires du marché de l’emploi ; elles ne parviennent pas à accéder à des rémunérations correctes et ne peuvent pas bénéficier des garanties légales et sociales.

Pour rappel, une première loi adoptée en 1981 portait sur la protection sociale des aveugles et malvoyants. Ensuite, il y a eu la loi 10-93 portant sur la protection sociale des handicapés qui stipule entre autres que les entreprises s’engagent à garder tout salarié devenu handicapé et ne peuvent l’employer à des travaux pouvant lui porter préjudice ou aggraver son handicap. Toujours dans cette loi, il existe une mesure particulière qui concerne l’application d’un quota de personnes handicapées dans la fonction publique. Il est de 7%. Cette mesure concerne les entreprises de plus de 15 personnes et un examen d’entrée est obligatoire. Résultat, très peu de candidats accèdent finalement à ces postes.