«Les augmentations salariales risquent de frôler le 0% en 2021»

Questions à Achraf Dahbi, Directeur Activités chez LMS ORH.

• La Vie éco : Quelle lecture peut-on faire des résultats de l’enquête ? La crise a-t-elle réellement impacté les salaires des cadres de manière générale ? De quel ordre ?
Une lecture tout en nuances tellement cette crise a été imprévisible et brutale. Nos enquêtes ont une date de valeur des données au 01/04, ce qui implique que les données communiquées par les entreprises n’ont pas intégré immédiatement les effets de la crise (la majorité des augmentations salariales sont plutôt réalisées en janvier). Toutefois, ce qui ressort de manière certaine c’est que l’évolution observée entre 2019 et 2020 (en moyenne 4,2% d’augmentation) va frôler le 0% en 2021. Je pense que ça parait comme une évidence tellement l’effort est totalement orienté vers la préservation des équilibres économiques et la préservation de l’emploi. Les enquêtes flash produites les derniers mois par notre partenaire WTW pour mesurer la réaction des entreprises face à la Covid montrent clairement une tendance au niveau mondial au gel des salaires et des recrutements. Bien entendu, derrière ce message un peu déprimant se cache une réalité dynamique et changeante. Il suffit que les vaccins en cours d’autorisation soient disponibles rapidement en masse et démontrent leur efficacité sur le terrain pour que la confiance des acteurs économiques revienne et que la volonté de relance économique booste les dispositifs incitatifs à destination des salariés.

• Pensez-vous que les entreprises ont procédé à la révision des salaires pendant cette période ?
Là encore la réponse est à dimensions variables. Les entreprises qui réalisent leurs campagnes d’augmentations annuelles entre janvier et février ont dû procéder à ces augmentations de manière normale. Celles qui le font plutôt vers mars avril ont dû suspendre ces augmentations très vite pour se consacrer à la gestion de la crise sur l’ensemble de ces volets, notamment la gestion de la continuité des activités et la sécurité sanitaire des collaborateurs.

• Quels sont les postes qui ont été le plus pénalisés ?
La crise est généralisée et touche l’ensemble des composantes de l’entreprise. La solidarité pour faire face à la crise a imposé une réponse globale. Aucun poste en particulier ne serait épargné.

• Les entreprises arrivent-elles toujours à attirer les talents par le salaire ou autres avantages ?
Le salaire reste une composante importante dans l’offre employeur mais elle n’est pas suffisante. Les entreprises les plus structurées ont bien compris cela et un travail important est réalisé sur les autres dimensions: conditions de travail, politique sociale, équilibre vie personnelle vie privée, et tous les autres processus RH classiques : formation, développement de carrières,…