Le télétravail encore peu prisé au Maroc, malgré ses avantages : Avis de Karim El Ibrahimi, DG de RMS Conseil

Les notions de temps et d’espace sont devenues relatives.

Je crois qu’aujourd’hui les notions de temps et d’espace sont devenues relatives dans la gestion et le management des équipes et des entreprises. A mon sens, le travail à distance s’articule essentiellement sur trois composantes : l’usage optimisé des technologies de l’information, le respect des engagements et la responsabilisation. Personnellement, je suis pour ce mode d’organisation parce qu’il engendre moins de stress, plus d’autonomie, plus d’efficacité, des gains de productivité… Bref, les avantage à en tirer sont nombreux. En tant que cabinet spécialisé dans l’intégration des systèmes d’information, nous sommes à 2 000 jours de prestations par an en termes de production. Généralement, nos consultants sont souvent à l’extérieur à raison de trois jours chez le client et deux jours au bureau pour rédiger les rapports, suivre d’autres dossiers en cours… Il nous arrivent même de travailler dans le train ou dans un café, surtout dans des moments de concentration. Je reçois parfois les reporting des collaborateurs en fin de soirée ou lorsque je suis en déplacement. C’est ce qui permet d’être instantanément informé sur l’état d’avancement des missions.

L’usage de plus en plus généralisé des technologies de l’information a rendu possible de gérer des équipes à distance. Il va sans dire que la communication et la collaboration, sous toutes ses formes (téléphone, visioconférence, Internet, Email, chat, portails intranet, …), accompagnées des outils de reporting et de suivi apportent clairement une aide indéniable.

Autre pré requis indispensable pour réussir dans le travail à distance, la constitution d’une équipe autonome en mesure de décider et de prendre l’initiative au jour le jour.

Néanmoins, l’autonomie a besoin de garde-fous. D’où l’existence d’un dispositif de reporting qui permet de suivre l’évolution de réalisation des objectifs de chaque membre de l’équipe. Le travail à distance exige, en outre, un degré de confiance important dans les membres de l’équipe.

C’est une valeur primordiale mais qui nécessite aussi des responsables ayant de l’expérience et un esprit d’initiative pour gérer les affaires courantes sans se référer chaque fois aux supérieurs.

La crainte des entreprises pour ce genre de démarche se situe souvent au niveau du manque de rendement. Cela ne doit pas être le cas car il existe aujourd’hui des outils et des solutions qui permettent de chiffrer ces résultats.

Par exemple, il y a aujourd’hui le pointage virtuel qui permet à l’entreprise de comptabiliser les heures de travail même en dehors du lieu de travail.

Autre problématique de ce mode d’organisation, l’isolement des collaborateurs. Parfois, la gestion à distance n’est pas toujours pratique en cas de crise et l’interaction physique entre collaborateurs est souvent nécessaire.