L’amitié au travail : Avis de Mohamed Berhili, DG du groupe Hapimag

« En matière de rapports, il n’y a pas de limite ; tout dépend du style de management des individus »

Nous passons les 2/3 de nos journées en milieu de travail et par conséquent on passe parfois plus de temps avec ses collègues qu’avec son entourage. D’autant plus que nous sommes amenés à collaborer avec des personnes ayant suivi le même parcours que nous, partageant les mêmes centres d’intérêt ou les mêmes préoccupations.
De prime abord, j’analyse les rapports amicaux sous trois angles.

Le premier est d’ordre ascendant, c’est-à-dire sous un rapport responsable/subordonné. Quand la relation est bien structurée, elle ne peut que créer un climat de confiance.  
Il n’est pas rare de voir certains managers prêts à tout pour protéger un ami, quitte à le couvrir ou à se montrer plus indulgent.
Autant de comportements aisément compréhensibles mais qui peuvent avoir des revers. Sans pour autant trahir leur amitié, ils doivent apprendre à trancher et à agir en conséquence. Le manager est le garant des règles de vie de l’entreprise et se doit de donner l’exemple.

Le deuxième angle est la relation homme/homme ou femme/femme. Là aussi, je pense que ce genre de relation est bénéfique pour l’entreprise dans la mesure où elle crée un lien de solidarité. Les collègues sont solidaires aussi bien dans les bonnes causes que dans les mauvaises. On retrouve ce soutien qu’on a l’habitude d’avoir en famille.
Enfin, le dernier angle concerne les rapports homme/femme. C’est une relation à double tranchant. Cela peut aboutir à des affinités et pourquoi pas au mariage. Chez nous, par exemple, depuis notre ouverture il y a cinq ans, nous avons célébré sept mariages. Tant mieux pour les heureux couples.

Après, la relation peut tourner au vinaigre car souvent le regard du couple change en milieu professionnel. Certains contraignent leur conjoint à diminuer les affinités avec le reste de l’équipe, ce qui peut créer par la suite des conflits. Malheureusement, cela se reflète sur le rendement. Généralement lors des recrutements, on voit très rarement des recruteurs prendre des couples au sein de leurs équipes.  
Pour conclure, je dirais qu’en matière de rapports, il n’y a pas de limite. Tout dépend du style de management des individus, de la personnalité, du caractère et de leurs valeurs respectives. Autrefois, le management était basé sur la distance. On croyait alors avoir la maîtrise de ses collaborateurs. Ce n’est plus le cas maintenant. Aujourd’hui, on adopte un management de proximité et de cohésion. Par exemple, dans les séminaires de team building, le manager amène ses collaborateurs à discuter en toute liberté de tous les problèmes. Une telle approche permet de consolider la vision commune, de régler les différends et de renforcer la confiance… Elle favorise et nourrit l’amitié mais aussi développe la responsabilisation.