La rude bataille des femmes pour briser le plafond de verre

Financité Institute a présenté son étude sur la mixité, le leadership et la parité en marge de la première édition du Colloque des femmes en finance et affaires. D’importants progrès ont été réalisés en matière de mixité.

Ici comme ailleurs, la femme n’occupe pas encore la place qui lui sied dans l’entreprise, même si on la voit de plus en plus fréquemment accéder à de hautes fonctions. Pourtant, les femmes sont en partie responsables de cette situation, car elles n’osent et n’avancent pas suffisamment. Le constat est tiré de l’étude réalisée par Financité Institute, organisme de formation, spécialisé en finance, en marge de la première édition du Colloque des femmes en finance et affaires (FEF), organisé à Casablanca sur le thème «Libérer le leadership féminin ! Les valeurs féminines à l’épreuve des rôles de décision et du pilotage des organisations».

L’étude, qui a été menée sur un échantillon représentatif (plus de 700 répondants, DRH d’entreprises) et sur la base d’un questionnaire auto-administré, s’est focalisée sur trois axes principaux : mixité, leadership et parité. L’un des enseignements phares de l’enquête est que la femme est peu représentée dans les organes de direction. «Aucune entreprise cotée à la Bourse de Casablanca n’est dirigée par une femme. Pis encore, elles représenteraient moins de 12% dans un comité de direction. D’où la nécessité de mettre en place une politique volontariste pour faciliter l’accès aux postes de décisions», précise Rachid El Maataoui, fondateur de Financité Institute. Par rapport à la mixité, l’étude montre que 90% des hommes pensent que le développement de la mixité est un objectif pour toutes les entreprises ou organisations, contre un pourcentage plus élevé pour les femmes. Les enjeux de la mixité sont très variés et certaines fonctions seraient mieux gérées par les femmes, notamment les fonctions RH, marketing et achat. Par rapport aux obstacles de mixité, 25% des hommes estiment que la responsabilité incombe aux femmes qui, de leur côté, invoquent la responsabilité de l’organisation. M. El Maataoui estime à ce titre que «la mixité ne se développe pas comme souhaité par tout le monde».

Le dernier axe de l’étude sur la parité montre qu’aussi bien les femmes (80%) que les hommes (70%) estiment que la parité doit être appliquée dans le recrutement. «Notons qu’un certain nombre d’entreprises ont un taux d’encadrement féminin supérieur à 50%», fait savoir le fondateur de Financité Institute. La question d’égalité salariale reste un sujet complexe dans 78% des cas, un enjeu prioritaire dans 87% des cas et une contrainte dans 96%. Néanmoins, selon la même source, «ce sujet ne devrait plus être d’actualité sur les 10 et 20 années à venir».

Le leadership est asexué

Par ailleurs, les valeurs féminines à l’épreuve des rôles de décision a fait le sujet d’un débat auquel ont participé plusieurs intervenants durant la journée.
Salima Bennani, DG de la Caisse de compensation, s’est prononcée en faveur de l’équité pour une émancipation affirmée de la femme tout en listant d’autres déterminants importants comme l’éducation, le parcours académique et surtout la volonté de gravir les échelons.

Fatim Zahra Bensalah, administrateur directeur général d’Atlanta Assurances, a assuré également que de grandes évolutions sont enregistrées. «Malgré les freins, on voit aujourd’hui que la société marocaine est en train de se reprendre progressivement», souligne-t-elle

Pour Jamal Belahrach, CEO BDO Advisory, les freins au développement du leadership et à l’émancipation des femmes dans la société marocaine et dans l’entreprise sont liés en particulier à la dimension culturelle. Pour lui, le leadership n’a pas de sexe. Un leader est celui qui a cette capacité d’embarquer les gens vers un chemin, de les faire grandir, celui qui porte les valeurs de l’entreprise et aide à l’inscrire dans une dimension inclusive, tout en ajoutant que des qualités qu’une femme peut avoir en plus de sa capacité d’écoute et de communication. Pour cela, les femmes doivent «militer» pour atteindre leurs objectifs et s’imposer à côté de leurs homologues masculins.