Jeunes diplômés : des pistes pour trouver un emploi

La recherche d’un emploi doit commencer sur les bancs de l’école. Stages, bénévolat et activités associatives permettent de se constituer un carnet d’adresses.Une multitude d’organismes initient aux techniques de recherche.

Candidature spontanée, porte-à-porte pour déposer un CV, réponse à l’aveuglette à  toute annonce qui paraît convenable… Pour intégrer le monde du travail, beaucoup de jeunes diplômés en mal de soutien ou d’encadrement y vont au petit bonheur la chance. Si pour ceux qui sont issus d’écoles prestigieuses la période de chômage ne s’éternise pas, il n’en est pas de même pour la grande majorité, même si la cooptation est encore l’un des moyens de recrutement les plus prisés dans le pays. Pour Naoual Bakry, directrice des opérations au sein d’EFE Maroc, ONG spécialisée dans la formation et l’accompagnement des diplômés en recherche d’emploi, «malheureusement, beaucoup de jeunes ne pensent à chercher un emploi qu’à la fin de leur cursus académique. Ce qui n’est pas sans rappeler l’inefficacité à laquelle on peut s’attendre».

Bref, pour ceux pour qui la démarche représente le parcours du combattant, il faut savoir que la préparation doit se faire en amont, déjà sur les bancs de l’école. A commencer par les stages qui peuvent être un véritable tremplin pour un emploi. «Les candidats ont tout intérêt à faire bonne impression pour mettre toutes les chances de leur côté si jamais une opportunité d’embauche se présente. Ainsi, ils doivent être préparés à la négociation. Pour ce faire, ils doivent bien connaître l’entreprise, son organigramme et sa mission, avant même de commencer», préconise Anis Bourakkadi, conseiller pédagogique. Une impression positive pourra notamment garantir une lettre de recommandation. Le candidat peut aussi garder son tuteur comme contact professionnel auquel il peut recourir plus tard pour une proposition, des conseils ou juste pour penser à lui en cas de poste disponible à la fin du cursus.

D’un autre côté, étant donné la faible part des offres d’emploi publiées dans la presse, il est impératif d’explorer le «marché caché» : les proches, les associations d’anciens élèves, les forums et les salons, les bourses aux emplois saisonniers, les candidatures spontanées… Rien ne doit être négligé, sachant que pour les premiers pas dans la vie active, un emploi idéal n’existe pratiquement pas.

Pour ce qui concerne les petites annonces, il est utile de ratisser large. Il n’est pas question de se limiter à celles qui sont parues dans les derniers numéros des journaux censés être les plus importants sur la place. Il faut chercher dans toutes les publications et remonter un peu plus loin dans le temps. Aujourd’hui, dans les revues et journaux internationaux, il est même possible de tomber sur des offres d’entreprises étrangères spécialisées en informatique ou télécoms qui vaillent la peine de tenter sa chance.

Par ailleurs, les offres affichées dans les bureaux de l’Agence nationale de promotion de l’emploi et des compétences (ANAPEC) peuvent aussi être intéressantes (pour les bac+2 en particulier). Il faut savoir que l’agence accompagne chaque année quelque 70 000 personnes à travers des ateliers de recherche d’emploi et des entretiens professionnels en agences. A ce titre, une stratégie multicanal a été mise en place depuis l’année dernière pour augmenter le nombre de bénéficiaires des prestations, renforcer la proximité des services de l’ANAPEC à ses cibles mais aussi améliorer l’information à destination des chercheurs d’emploi, apporter des services personnalisés à chaque client en utilisant le canal qui répond au mieux à ses spécificités démographiques et géographiques et apporter des innovations à l’offre de service.

Ne pas s’isoler dans sa démarche

D’un autre côté, les réseaux sociaux professionnels (RSP) constituent un circuit très dense de diffusion d’opportunités d’emploi. Une enquête du cabinet Invest RH réalisée en 2014 auprès de 1 500 répondants montre que 87,4% des sondés utilisent ces outils, que ce soit pour rester actif sur le marché de l’emploi ou s’ouvrir une nouvelle voie. Bien évidemment, les résultats ne sont pas garantis dans l’immédiat. Mais à force d’y être présent, il est toujours possible de recevoir des offres à n’importe quel moment. A ce propos, la même enquête révèle que les sites d’emplois représentent le premier canal par lequel les candidats arrivent à décrocher leur emploi suivi des candidatures spontanées et des recommandations. Les RSP n’arrivent qu’en septième position après les stages de pré-embauche,

Ceci dit, l’usage des réseaux dans la recherche d’emploi permet la communication en temps réel et d’être proche de l’entreprise. Ainsi, selon l’enquête, 63% des contacts réalisés par ce biais aboutissent à un entretien. Toujours est-il que Mme Bakry note qu’il ne faut pas s’isoler dans sa démarche de recherche, «parce que beaucoup de candidats ne savent pas s’y prendre qu’ils finissent par perdre espoir», souligne-t-elle.

Aujourd’hui, des organismes comme EFE, Injaz Al-Maghrib ou Youth Fondation peuvent être d’un soutien non négligeable. De même qu’il existe désormais des programmes de mentoring qui donnent la possibilité aux jeunes diplômés de se familiariser avec le monde professionnel. Les experts suggèrent aussi de marquer le parcours professionnel, bien minime soit-il au départ, par des activités extra-professionnelles. Il est sans rappeler que le bénévolat ouvre aujourd’hui de nombreuses opportunités pour les candidats. «Faire de l’associatif est une bonne façon de décloisonner ses connaissances humaines. Le fait de se rendre utile, d’avoir le sens du partage et de la communauté ne fait que renforcer la personnalité mais aussi rendre son profil plus visible auprès des recruteurs», note Mme Bakry. D’ailleurs, pour l’anecdote, la question de savoir choisir entre deux candidats sortant d’écoles prestigieuses a été posée à un PDG lors d’un débat télévisé. Sa réponse a été des plus claires. Le parcours académique compte certes, mais son choix se porterait sûrement sur le candidat qui aura mené une riche vie associative.

Et quand on est un peu plus confiant en soi, pourquoi ne pas créer son propre  emploi par l’entreprenariat. De plus en plus de jeunes y croient. Des associations comme Enactus, Oléa Institute, Injaz ou CISE apportent leur soutien dans ce sens. Mais, là aussi, il faudra s’y prendre tôt et savoir patienter. La réussite peut être au bout de l’effort.