Injaz Al Maghrib : Questions à M’hammed abbad andaloussi, PDG d’Injaz Al Maghrib

«Les jeunes ne trouvent pas sur le marché un système de financement adapté».

La Vie éco : Quel bilan faites-vous du programme Smart Start depuis son lancement ?

Le bilan est positif. Depuis le début du programme Smart Start il y a 3 ans, nous accompagnons 48 start-up lancés par des étudiants qui ont en parallèle poursuivi leurs études. Chaque projet est porté par 2 à 4 étudiants. Nous mettons à leur disposition des banquiers d’affaires, notamment la banque de financement et d’investissement du groupe Attijariwafa bank, et des entrepreneurs pour les coacher pendant plusieurs séminaires pour le développement de leurs aptitudes comportementales. Nous organisons également des événements au cours desquels nos jeunes entrepreneurs présentent leurs projets à des incubateurs. Notre objectif de donner aux jeunes l’envie d’entreprendre est, je pense, atteint. Maintenant, nous travaillons sur l’enrichissement de notre offre pour répondre à leurs besoins.

Le programme Smart Start dure 6 mois et vient en complément du Company Program, qui s’étale sur 16 semaines, à raison de 2h par semaine. Durant les 6 mois, les porteurs de projet sont suivis par un duo de mentors complémentaires, composé d’un banquier d’affaires et d’un entrepreneur aguerri. De plus, les jeunes travaillent leurs soft skills (ndlr: compétences personnelles) et leur communication avec l’aide de cabinets spécialisés en coaching. A la fin de cette période, tous ces jeunes présentent leurs start-up à des incubateurs et investisseurs potentiels.

Pensez-vous que les jeunes d’aujourd’hui ont l’envie d’entreprendre, vu que l’environnement des affaires est parfois compliqué ?

n Il faut laisser le temps au temps. Les jeunes formés à l’entrepreneuriat ont pratiquement tous envie de poursuivre l’aventure en créant leur propre entreprise. Mais ils sont encore jeunes et doivent d’abord terminer leurs études. Aujourd’hui, on peut dire qu’il existe toute une chaîne d’un écosystème entrepreneurial et que les pouvoirs publics sont tout aussi impliqués que la société civile et semblent avoir pris conscience de l’importance de la promotion de l’entrepreneuriat auprès des jeunes.

Quelles sont les difficultés que peuvent rencontrer ces jeunes entrepreneurs au début de leurs activités ?

Le premier problème est généralement d’ordre financier. Malheureusement, nos jeunes ne trouvent pas sur le marché un système de financement adapté. Ensuite, ils se heurtent au problème du foncier. Enfin, ils ont souvent besoin d’un parrainage pour leur faciliter l’accès au marché.

Couvrez-vous d’autres zones géographiques en dehors de l’axe Casa-Rabat ?

Au départ, notre mission était axée sur l’éducation à l’entrepreneuriat pour stimuler l’esprit d’entreprise des jeunes. L’entrepreneuriat est devenu un axe au moins aussi important. Après l’expérience pilote d’accompagnement des porteurs de projets installés à Casablanca ou Rabat, nous visons actuellement d’autres régions.