Ils parlent de la créativité au sein de leur entreprise

Mohammed Bennouarrek
DRH de Novartis
«Il faut admettre le droit à l’erreur»
«Tout le monde a une imagination créative. Il suffit de faire surgir les idées. Le collaborateur doit passer du stade et de l’état d’esprit d’exécution à la création. Nous utilisons fréquemment le brainstorming ou le mindmapping, entre autres, pour faire émerger des idées en interne. Les résultats sont visibles. On trouve plus facilement les solutions aux problèmes. Bien évidemment, les pré-requis à la créativité sont nombreux. Il s’agit de la liberté d’expression, l’implication dans la recherche des solutions et la prise de décision, l’encouragement de la polyvalence, et surtout la tolérance de l’erreur. Le patron qui ne tolère pas les erreurs ne peut pas espérer voir surgir des solutions créatives dans son entreprise. Il faut instaurer un climat positif, dans lequel les collaborateurs osent penser, osent suggérer et osent se tromper et surtout recommencer, sans perdre la face.
Par contre, les obstacles à un comportement créatif peuvent être inhérents à la personne comme ils peuvent être dus à un mode de gestion étouffant et non-participatif. Une approche ascendante responsabilisant positivement le collaborateur reste un must pour libérer le capital créatif de l’entreprise.»

Zineb Lahlou
Chef de département acquisition et revenus postpayés particuliers à Méditel
«Nous utilisons une armada de canaux pour dénicher des idées»
«Les idées ? Elles nous viennent de partout. Des équipes front-office, des superviseurs sur le terrain aux centres clientèle (particulier et entreprise) en passant par les évaluations chiffrées des produits et services existants, du savoir-faire de nos partenaires, du benchmark international… Nous utilisons tous ces canaux afin de permettre la remontée des informations susceptibles d’être concrétisées. Nous recourons régulièrement aux études de marché ou encore aux enquêtes de satisfaction pour dénicher de nouvelles idées potentielles.
A travers toute cette armada de canaux, notre équipe marketing est bien outillée. Nous disposons de deux pôles, l’un commercial qui comprend le département intelligence de marché pour la segmentation et les études de marché, le réseau de distribution et le centre clientèle.
L’autre pôle est plutôt technique, il comprend notamment la direction des systèmes d’information. Bien évidemment la créativité n’a pas de limites chez nous, hormis les procédures réglementaires ou législatives, notamment en matière de droit de consommateur, qui peuvent parfois freiner nos créations.»

Mustapha Boudadi
Directeur marketing à Ingelec
«Ecoute client, brainstorming benchmarking international : nous ne négligeons aucune piste»
«Nous produisons 10 à 15 nouveaux produits par an. Et donc, derrière chaque produit, il y a une idée ou plusieurs. La créativité chez nous doit répondre à deux contraintes.
D’abord, en amont, il s’agit d’innover en matériaux et autres matières premières, trouver de nouveaux fournisseurs…
Ensuite, en aval, il s’agit de bien cerner les attentes de la clientèle. C’est pourquoi, nous procédons fréquemment au processus écoute / clients pour la remontée d’informations. Bien sûr, l’éclosion des idées se fait en interne. Il faut dire que ce sont les équipes marketing, force de vente, recherche et développement ainsi que la direction générale qui sont les plus concernées par cette affaire. Toutes les idées, même les plus farfelues, sont permises. Sauf qu’il y a une phase de concertation et de validation à concrétiser en fin de processus. Il ne faut pas oublier que nous fabriquons des produits électriques et qu’il faut donc bien verrouiller toutes les procédures pour plus de sécurité. La décision collégiale est importante dans ce cas.
Nous impliquons également nos partenaires extérieurs quand il le faut. Autre source d’innovation : le benchmarking au niveau international. Une présence quasi totale dans les principaux salons de l’électricité et du bâtiment. C’est important pour rapporter des idées intéressantes à développer localement. Principale limite : on a du mal à trouver de bons partenaires locaux pour effectuer des préséries.»

RIad Lazrak
DG de Trash Communication
«Une bonne idée, ce n’est pas de l’esthétique mais de la pertinence»
«Comme on dit dans notre métier, une bonne idée, ce n’est pas de l’esthétique mais de la pertinence. La créativité, il en faut beaucoup dans notre domaine. C’est notre gagne-pain.
Pour cela, je ne néglige aucun détail. Journaux, magazines, panneaux d’affichage, émissions TV, films, vécu… Tous les moyens sont bons pour trouver les bonnes idées. On ne réinvente pas la roue. D’ailleurs, même dans les brainstormings, on essaye de faire participer tout l’effectif, même les «non créatifs». Le créatif n’a pas l’exclusivité des idées. Cela peut émaner du financier comme de l’assistante de direction. Je n’hésite pas à demander à tout le monde son avis. Il nous arrive aussi de manquer d’inspiration. Là aussi, je repasse en revue tous les schémas possibles pour voir si un détail m’échappe. A la limite, si je n’y arrive pas, je me connecte sur internet et le tour est joué.»