Ils ont eu à  gérer des démissions

«Un manager ne doit pas craindre de voir ses bons éléments s’en aller»

Une démission n’est jamais facile à gérer. J’ai eu à régler, il y a quelques années, le cas d’une personne compétente. Je ne voulais pas la laisser partir, au point de lui organiser un entretien avec un cabinet conseil en RH pour lui faire changer d’avis. Je ne voulais pas intervenir personnellement pour ne pas l’influencer.

Il est vrai que j’ai mal pris sa décision au départ car il comptait pour moi. Et pourtant, sa décision était irrévocable. J’ai alors fini par l’accepter. Nous sommes restés en bons termes. Je pense désormais qu’un manager ne doit pas craindre de voir ses bons éléments s’en aller. Il a à gagner à rendre transparente l’évolution de carrière des collaborateurs, quitte à se séparer d’eux. Par ailleurs, le monde du travail est petit. On peut être amené à retrouver d’anciens collaborateurs ou d’anciens dirigeants, alors autant se quitter en bons termes, quel que soit l’environnement dans lequel on évolue.

Je pense que le mieux est d’anticiper les démissions pour pouvoir s’y préparer. Je fais attention à deux choses. Si quelqu’un veut partir pour des raisons matérielles, je lui suggère d’attendre les évaluations annuelles pour en parler. Mais je n’ouvre pas cette porte à toutes les sollicitations.

Si la démission est d’ordre professionnel ou personnel, je reste fair-play.
En tout cas, j’évite surtout de m’emporter. On ne peut «descendre» une personne juste parce qu’elle nous a laissé tomber. C’est un acte qu’il faut savoir démystifier surtout en ces temps où l’attachement à vie à une entreprise n’est plus de mise.