Il s’est fait la main en France avant de réussir au Maroc

Il a décidé de créer sa société au Maroc dès la fin de ses études d’ingénieur en télécoms

A son avis, le manager doit être beaucoup plus commercial que technique.

Comme beaucoup de managers spécialisés dans les technologies de l’information, Abdellatif Hadef fait ses premières armes en Europe, et plus spécialement en France. Ingénieur télécoms, diplômé de l’Ecole supérieure d’informatique et de génie des télécommunications de Fontainebleau en 1990, il débute sa carrière professionnelle en tant que chef de projet chez Digital Equipements en France avant de passer à la Générale des Eaux. De 1991 à 1996, il fera l’essentiel de son expérience professionnelle dans ce groupe où il aura la lourde tâche d’informatiser et de superviser une centaine d’agences d’une filiale du groupe.

«A l’époque, c’était la vague de l’informatisation. J’avais toute l’autonomie nécessaire pour mener à bien l’équipement des agences en informatique», souligne-t-il.
Ceci dit, l’idée de revenir au pays pour y investir ne l’a pas quitté. En 1997, il décide de créer une société au Maroc, IB Sud. Ce sera avec un partenaire français, le groupe IB. Au départ, le partenaire n’était pas chaud pour une implantation au Maroc, en raison d’un marché peu mature. Mais M. Hadef ne voit que des avantages dans cette aventure et finira par le convaincre. Son ambition majeure est d’avoir enfin une structure locale. En 1999, il rachète une autre société, Digitem, spécialisée dans le domaine du digital. Ce n’est qu’en 2001 que la société IB, spécialisée dans les infrastructures sécurisées (architecture réseau, administration et sécurisation des systèmes d’information, infrastructure de stockage…), prend sa forme actuelle et entre en Bourse. C’est la première société marocaine spécialisée dans les technologies d’information à le faire. Pourtant, le marché financier, à l’époque, ne s’y prêtait pas. Pour le DG, ce n’était pas une opération purement financière. Elle répondait aussi à une obligation de transparence et de notoriété.

«L’engagement d’un manager est avant tout humain et personnel»
«Le premier challenge était d’asseoir une notoriété mais aussi de doubler le chiffre d’affaires», note-t-il. Le défi est doublement atteint puisque le chiffre d’affaires a progressé à la hauteur des ambitions du groupe. De même que l’effectif est passé de 30 personnes au départ à 90 actuellement.
Engagé, il attend aussi de son équipe une motivation à sa hauteur. «J’adopte un management de proximité. J’essaye de transmettre des valeurs mais aussi une ambition. C’est important. L’engagement d’un manager est avant tout humain et personnel», dit-il.
Il faut dire aussi que pour être à l’aise dans sa fonction de dirigeant, il doit toucher à d’autres domaines : le commercial, le financier mais aussi les ressources humaines. Aujourd’hui, le manager se doit d’être beaucoup plus commercial dans son quotidien que technicien. De plus, il faut savoir s’entourer de compétences pointues pour faire face aux nouveaux défis. «Il est vrai que le domaine des technologies évolue très vite, il faut être préparé aux changements réguliers dans le domaine informatique mais aussi aux méthodes de management», conclut-il.