Il n’y a pas que le secteur financier qui rémunère correctement

Nouvelle démarche des candidats : la candidature spontanée envoyée par e-mail. Les plus avisés pensent aussi à  avoir d’autres avantages tels que l’assurance maladie et la retraite complémentaire.

Pour la deuxième année consécutive, l’enquête réalisée par le portail de recrutement Amaljob.com montre que la perception des jeunes diplômés du marché de l’emploi a bien évolué. Les candidats veulent travailler dans de grandes entreprises, gagner très bien, mais ne répugnent plus à prendre le risque de créer une entreprise, du moins au niveau de l’intention. Hicham Lakhmiri, DG du portail, dresse les grandes lignes des conclusions qui en ressortent.

Vous venez de réaliser la deuxième édition de votre enquête «Emploi aux jeunes», quelle lecture faites-vous de l’enquête ?

De cette enquête ressortent plusieurs points très marquants qui nous permettent de mieux comprendre les attentes, les besoins et les aspirations des jeunes diplômés marocains, qu’ils soient au Maroc ou à l’étranger. Les jeunes diplômés utilisent principalement Internet pour leur recherche d’emploi. Cela peut paraître évident certes, mais les entreprises, d’après les dires de ces jeunes, ne sont pas à la page et exigent qu’elles soient plus transparentes quant aux postes à pourvoir.
Ils sont aussi principalement attirés par le secteur tertiaire alors que le secondaire ou surtout le primaire sont quasiment délaissés. Les jeunes diplômés désirent ardemment travailler dans les services, les IT et les finances. Les grandes entreprises et les multinationales sont les entités qui les attirent le plus. Ceci est dû au fait que la notoriété et l’évolution de carrière sont à leurs yeux très importants.
Les jeunes diplômés marocains sont par ailleurs très entreprenants et désirent créer leur entreprise à près de 80%, mais restent réalistes et savent qu’il faut un minimum d’expérience. C’est une note très positive qui dénote de leur dynamisme, de leur ambition et de leur volonté de créer. Il faut absolument capitaliser sur cela et canaliser toute cette énergie qui peut être motrice, si elle est utilisée à bon escient, pour l’économie marocaine.
Le dernier point et non des moindres est celui du parascolaire qui, à mon avis, est tout aussi important dans le cursus scolaire d’un jeune que sa formation théorique.
Nous remarquons ainsi que le sport est pratiqué à 64% par ces jeunes diplômés. Cela n’est pas suffisant et est loin des standards internationaux.
Aussi, seulement 49% d’entre eux adhèrent à une association. Ce taux est très bas et devrait dépasser les 80%, car être membre d’une association fait partie de l’apprentissage, de l’épanouissement et de la construction de ces jeunes diplômés. Il faut absolument mettre en place un cadre leur permettant de s’émanciper dans ce domaine, participer à ces projets, les faire grandir, quitte à réduire le nombre d’heures de cours. Ce sont des expériences uniques de construction de soi.

Quelles sont généralement les attentes des candidats en termes d’opportunités ?

Les candidats désirent généralement travailler dans de grandes entreprises structurées avec des avantages sociaux tels que l’assurance maladie et la retraite complémentaire. Ils attendent aussi de leur employeur qu’il leur propose un plan de carrière avec des formations qui jalonnent celle-ci.

Le web reste le principal canal plébiscité par les chercheurs d’emploi. Est-il toujours efficace ?

Il l’est et doit l’être dans l’absolu. Le web a permis dans ce contexte de recherche d’emploi de rapprocher les candidats des recruteurs. Il devrait aussi permettre de rapprocher les recruteurs des candidats. C’est ce qu’attendent ces jeunes diplômés. Les grandes structures devraient communiquer plus sur leur vision RH, leur politique de recrutement, leurs plans de carrière, leurs métiers et cela via Internet. Cela devient une nécessité qu’exigent ces jeunes diplômés. La transparence et la communication sont le maître mot.

Existe-t-il de nouvelles approches privilégiées par les candidats pour rechercher un emploi ?

Nouvelles non, mais alternatives oui, c’est celle de la candidature spontanée envoyée par e-mail aux entreprises à défaut d’opportunités concrètes de stage ou d’emploi diffusées sur le net ou auprès des écoles et universités. L’alternative du réseau des anciens est également utilisée mais, fort malheureusement, la plupart des établissements ne possèdent pas d’associations des anciens assez fortes pour pouvoir aider à l’insertion des nouveaux lauréats.

Le secteur financier reste privilégié par les candidats, pourquoi cet engouement à votre avis ?

Cet engouement est principalement dû, comme tout le monde sait, à l’image que nous avons du secteur, celui qui est le plus rémunérateur, mais cela est loin d’être le cas et plus particulièrement dans le contexte actuel. Il y a des métiers qui sont très recherchés et plus rémunérateurs que celui-ci.

L’étude comprend également le palmarès complet des 50 groupes préférés des pré-actifs et de leurs filiales. Quelles sont les principales conclusions ?

L’étude a montré clairement que les plus grands groupes marocains sont les plus prisés par les jeunes lauréats. Certainement grâce à leur renommée, notoriété mais également parce qu’ils offrent «l’assurance de l’emploi», des perspectives d’évolution ainsi que différents avantages sociaux.