Gestion des risques : Avis de Ahmed El Meslouti, Consultant senior

de manière générale, la réponse ou la réaction face à  une crise se prépare bien avant. Si l’organisation attend la crise pour réagir, il est déjà  trop tard. Quelle que soit l’organisation, sa nature et son activité, on se doit d’analyser en permanence son environnement aussi bien en interne qu’en externe

Les problèmes que peut connaître une entreprise sont de diverses natures. Cela peut aller d’une simple difficulté passagère, à la grosse crise qui peut remettre en cause sa pérennité. Un conflit social, un différend entre partenaires, des difficultés économiques sectorielles ou touchant l’environnement général de l’entreprise peuvent, à terme, générer des effets négatifs sur l’activité. Toute organisation peut être confrontée à des problèmes sans que le mal vienne de l’intérieur.

A mon sens, ce sont les problèmes de management et d’organisation qui génèrent souvent ce mal-être dans les entreprises.

Il suffit parfois de voir comment les entreprises gèrent les élections des représentants du personnel. Faute de communication autour, ces rendez-vous importants font naître des conflits qui peuvent être plus ou moins critiques pour l’entreprise.
Pour bien vivre ses relations avec ses délégués, un chef d’entreprise ou un manager doit aussi privilégier la franchise et la clarté. Il doit construire avec les délégués une relation ouverte où il n’y a pas de place aux préjugés. Ils ne sont pas forcément des ennemis de l’entreprise et de la productivité. Le plus raisonnable, c’est de les traiter en responsables.

La régularité dans les rencontres et la transparence sont des éléments importants car si la relation n’est pas claire, de grosses incompréhensions peuvent survenir.

Toutefois, s’il y a conflit, il faut rapidement convenir d’un plan de crise dans un délai de trois jours et multiplier les réunions en proposant des solutions. Dépassé ce délai, le conflit peut dégénérer et mettre en péril l’activité
Je pense aussi qu’il faut lever un certain nombre d’obstacles pour pouvoir bien vivre cette relation. Aujourd’hui, très peu de dirigeants et salariés sont formés au dialogue social alors que parfois il suffit de peu pour résoudre un problème.
Mais de manière générale, la réponse ou la réaction face à une crise se prépare bien avant. Si l’organisation attend la crise pour réagir, il est déjà trop tard. Quelle que soit l’organisation -sa nature et son activité- on se doit d’analyser en permanence son environnement aussi bien en interne qu’en externe.

Dans de telles situations il faudra surtout éviter de perdre son temps à chercher les coupables, mais plutôt privilégier une démarche orientée vers les solutions.

En effet, nous rencontrons beaucoup de situations où des acteurs font perdurer leurs problèmes et leurs plaintes alors qu’ils savent, au moins intellectuellement, ce qu’il conviendrait de faire pour traiter ces problèmes. Bien évidemment la construction de ces solutions devra mobiliser toutes les ressources de l’entreprise. Rechercher et mettre en œuvre des solutions, plutôt que de se cacher derrière les problèmes, tel est le challenge de chaque manager aujourd’hui.

C’est toute l’importance de la fonction RH qui doit être déclinée à tous les niveaux.

Enfin, dans ce contexte, il faut que le groupe se resserre autour des valeurs de l’entreprise dans un environnement de plus en plus menaçant et hostile et capitalise surtout sur les expériences passées et tire les enseignements pour éviter à ce que les mêmes situations conflictuelles se reproduisent de nouveau.