Gérer une TPE : Avis de Zakaria Fahim, DG de BDO

Etre indépendant ne signifie pas être isolé.

Aujourd’hui, la TPE doit être considérée comme un éco-système, créatrice de valeur ajoutée.

Bien que très nombreuses et pesant fortement dans le paysage économique, les TPE ne sont pas de la fête en matière de crédit et de financement, loin de là.

Fragilisées par la crise, les TPE restent les parents pauvres des dispositifs de crédit et d’accompagnement pour les entreprises.

Les solutions proposées par les établissements bancaires sont beaucoup plus chères qu’un crédit classique et ne constituent pas toujours une réponse adaptée au besoin de trésorerie.

Il faut des mesures incitatives. Il ne faut pas oublier que le Maroc a besoin d’une économie forte à travers le développement des TPE et PME locales.  

Si l’activité de financement alternatif fonctionne ailleurs, c’est parce qu’il y a eu des «carottes fiscales».

Aujourd’hui, ces structures ont besoin qu’on mette à leur disposition des outils de veille qui leur permettent d’avoir des marchés, des réseaux, de dégager du business…

D’un autre côté, les formations sur l’entreprenariat commencent à émerger. Aujourd’hui, dans le cadre du CJD, les porteurs de projets apprennent à gérer plusieurs aspects comme la trésorerie -à ne pas confondre entre résultat et trésorerie-, à être mieux ouverts sur les technologies de l’information pour se simplifier les procédures administratives…

L’entrepreneur doit se poser les bonnes questions. Est-il prêt à se sacrifier durant les premières années qui suivent la création ? Est-il prêt à affronter le stress lié à la création et à la gestion d’entreprise ? A-t-il mis au parfum son entourage? Le conjoint ou la famille sont-ils prêts à le soutenir financièrement en cas de besoin ? A-t-il prévu une issue de secours en cas d’échec ?

Après avoir vérifié la cohérence du projet personnel avec le projet de création, il advient aussi de connaître et de comprendre son marché: ses concurrents, clients, partenaires…
Si être indépendant relève d’un choix personnel, il faut surtout ne pas s’isoler dans son action. Un manager d’une TPE peut toujours outsourcer une partie de ses tâches : la comptabilité, le recouvrement, la communication, se faire aider par un juriste…

On a beau le savoir avant de se lancer, ce n’est qu’après s’être véritablement lancé qu’on réalise l’engagement et la persévérance dont il faut faire preuve.