Formation : Questions à Tawhid Chtioui, Directeur d’EM Lyon Business School Afrique

Il faut savoir réagir rapidement face aux évolutions fulgurantes du marché du travail.

Tawhid Chtioui Directeur d’EM Lyon Business School d'Afrique
Tawhid Chtioui
Directeur d’EM Lyon Business School Afrique

La Vie éco : Il s’agit de votre première grande enquête sur les tendances du marché de l’emploi. Quelle est votre motivation ?

EM Lyon Business School sonde régulièrement le marché de l’emploi en France. Comme nous venons de nous installer à Casablanca, il est évident de mener la même démarche puisque le marché de l’emploi n’est pas le même qu’en Europe. L’objectif est d’apporter un éclairage du marché de l’emploi, connaître les vrais besoins des entreprises en matière de recrutement, connaître les tendances du marché de l’emploi afin d’adapter nos programmes de formation, mais aussi de mieux orienter et préparer les jeunes à la réalité du marché.

Que faut-il retenir de cette enquête ?

Le marché de l’emploi est en pleine mutation et ne sera pas le même dans quelques années.

Le principal enseignement concerne l’inadéquation entre l’offre et la demande. L’enquête fait ressortir une polarisation des emplois à savoir un engouement vers les profils les plus qualifiés et les peu qualifiés. Très peu d’alternatives s’offrent aux bacheliers et les Bac+2/3. Ce qui pousse beaucoup de candidats à poursuivre leurs études.

Autre enseignement, l’étude fait ressortir une tertiarisation des emplois. L’essentiel des offres d’emploi est accaparé par les services. Ce qui nécessite notamment des compétences comportementales en premier lieu chez les candidats. Malheureusement, très peu de disciplines de développement personnel sont enseignées dans les écoles et universités.

En tant qu’institution de formation, si on veut accompagner le développement des entreprises, on doit être capable d’apporter les compétences adéquates et être en phase avec les besoins du marché.

Comment voyez-vous l’évolution du marché de l’emploi dans les prochaines années ?

Les différentes études menées au niveau mondial montrent que 30% des métiers de 2020 n’existent pas encore et que 65% des écoliers d’aujourd’hui pratiqueront dans quelques années des métiers qui ne sont pas encore inventés. Aujourd’hui, les qualifications sont revues tous les deux à trois ans. De nouveaux métiers apparaissent, d’autres disparaissent.

Aujourd’hui et plus que jamais, les soft skills sont de plus en exigés dans le management du monde moderne comme le management de la complexité, la créativité, le management d’équipe, la pensée critique…

En tant qu’institut de formation, comment pouvez-vous contribuer à la recherche de solutions pour le marché de l’emploi ?

Il est évident pour nous d’être à l’écoute du marché et par conséquent, nous devons être en mesure de réformer nos programmes. La preuve est qu’en deux ans, nous avons  changé nos programmes pour répondre efficacement aux évolutions rapides du marché de l’emploi.

Nous organisons régulièrement des cercles de dirigeants pour débattre des éventuelles problématiques qui se présentent. Enfin, nous menons régulièrement des études dans le domaine de la recherche en gestion.