Energies renouvelables, finance halal… Ces nouvelles formations qui émergent

Ecoles de commerce et universités veulent coller aux besoins des entreprises. Elles travaillent en commun pour l’élaboration des programmes pédagogiques.

Elles offrent tout ou presque. De l’ingénierie aérospatiale aux énergies renouvelables en passant par la finance islamique, les pratiques genre et autres, écoles de commerce et universités proposent désormais une diversité de formations innovantes, en phase avec l’évolution du monde mais aussi du Maroc. M’barek Benchanaa, directeur de l’Ecole nationale de commerce et de gestion de Marrakech (ENCG) et professeur à l’Université Cadi Ayyad de Marrakech, est catégorique à ce sujet : «Ce n’est pas par simple altruisme. Parce que le monde change, parce que les métiers évoluent, il est plus qu’indispensable d’offrir des formations qui répondent aux besoins du marché».

Si de telles formations se sont multipliées, c’est d’abord parce qu’il y a désormais une feuille de route à travers le programme que l’Etat a mis en place pour dynamiser l’enseignement, notamment dans le public, mais aussi pour fournir au marché de l’emploi de nouveaux diplômés immédiatement opérationnels. Une telle approche permet de remédier à l’inadéquation formation-emploi à l’origine d’un taux de chômage élevé.

Mais c’est aussi parce que les entreprises s’impliquent de plus en plus dans l’élaboration des programmes pédagogiques, participent aux recrutements des étudiants et aux décisions stratégiques et mettent leurs cadres à la disposition des écoles pour un certain nombre de disciplines.

Managers et cadres viennent ainsi compléter la formation académique ou théorique par leur expertise sur le terrain. Ils participent, ce faisant, à la réduction de l’écart entre les exigences du monde du travail et les disciplines enseignées.

Attention : pas plus de lauréats qu’il n’en faut

La palette de formation est maintenant très large, mais il faut savoir qu’un partenariat plus volontariste entre l’entreprise et l’école a commencé à être concrétisée il y a quelques années. Par exemple, le groupe Veolia Environnement Maroc a lancé en 2005 une licence professionnelle en assainissement en milieu urbain en partenariat avec les universités de Limoges, Cadi Ayyad de Marrakech, Abdelmalek Essaâdi de Tanger/Tétouan et Hassan II de Mohammédia. Ce cursus a pour principal objectif de former des professionnels aux métiers de l’environnement et plus précisément à l’assainissement en milieu urbain. L’assainissement est un métier encore nouveau, on trouve rarement d’agents maîtrisant ce domaine. C’est dans le même esprit que s’inscrivent toutes les nouvelles formations, à l’instar du master en énergies renouvelables et de l’efficacité énergétique que propose l’Université internationale de Rabat (UIR). La voie semble tout tracée. Mais il faudra faire en sorte qu’il n’y ait pas plus de lauréats qu’il n’en faut…, tenter d’arriver à un équilibre entre les effectifs des promotions et les besoins des entreprises