Emploi au Maroc : Avis d’Essaid Bellal, DG du cabinet Diorh

« Les recrutements en masse sont bien loin derrière »

Il est clair que le marché de l’emploi est calme en cette période. Si l’on analyse les tendances depuis ces trois dernières années, on remarquera que l’année 2011 a été meilleure que 2012 et 2013. Ceci dit, le premier trimestre 2013 est légèrement plus favorable que celui de 2012, mais les recrutements en masse que nous avons observés il y a quelques années sont bien loin derrière. Aujourd’hui, les entreprises valorisent les mobilités et les promotions internes. Face à une conjoncture défavorable, elles plébiscitent la polyvalence aussi bien de métier que de fonction.

A un certain moment, les cabinets de recrutement détenaient de bonnes parts dans les recrutements. Aujourd’hui, avec l’émergence des technologies de l’information, notamment les portails de recrutement et les réseaux sociaux, ces parts diminuent de plus en plus. Toutefois, j’aimerais signaler un fait marquant : les cabinets de recrutement se multiplient et les pratiques de recrutement ne se font plus de manière déontologique. N’ayant aucune expérience dans le domaine du recrutement, certains cabinets proposent des tarifs en dessous des prix pratiqués sur le marché sans pour autant apporter une valeur ajoutée à l’entreprise.

Pour les offres, il y a toujours une constance en ce qui concerne les profils qui répondent aux besoins en croissance de l’entreprise et qui lui permettent de faire face à une concurrence de plus en plus acharnée. Ce sont les commerciaux et les marketeurs. Les autres profils les plus recherchés sont ceux qui répondent aux besoins de modernisation des structures et de renforcement de l’édifice organisationnel dans un souci d’une gestion optimisée de l’entreprise. On peut citer les qualiticiens, les contrôleurs de gestion, les responsables ressources humaines, les responsables hygiène/santé et sécurité.

Quant à la fonction RH, elle se développe plus ou moins et ce sont principalement les grandes structures qui mettent les moyens pour être aux normes internationales.
Pour les secteurs, les grands projets d’infrastructures en cours actuellement (programme Emergence, plan Azur, Plan Maroc Vert, programmes d’habitat urbain, etc.) continuent plus ou moins d’animer le marché.

En ce qui concerne l’industrie, la demande est moins palpable qu’auparavant, en raison, bien évidemment, d’une conjoncture nationale et internationale défavorable.