Elle sera la première ville certifiée en matière d’environnement

Avant de devenir maire de Marrakech, en octobre 2003, Omar Jazouli était président du Conseil communal de la municipalité Marrakech-Médina et président de la Communauté urbaine. Toutes les actions menées ou achevées par la mairie s’inscrivent donc dans une logique de continuité depuis 1997.
Omar Jazouli nous explique ici quels sont les grands projets qui ont été entamés pour Marrakech et sa région afin que la ville sauvegarde son cachet et maîtrise son expansion par un développement harmonieux.
La Vie éco : Vous êtes maire de Marrakech depuis environ deux ans, quelles sont les grandes actions que vous avez menées pour la ville ?
Omar Jazouli : Tout d’abord, il faut savoir que les actions menées à travers la ville de Marrakech ont pu être réalisées grâce à l’excellence de l’entente qui règne entre les membres du Conseil communal et les autorités de la ville avec à leur tête le Wali Mohamed Hassad.
Nous avons tenu dans un premier temps à accorder une priorité aux infrastructures. En effet, de nombreuses voies prévues depuis longtemps dans le plan d’aménagement ont été réalisées. Ce fut le cas pour un projet qui tenait à cœur à tous les habitants de la ville à savoir la réalisation de la nouvelle avenue Mohammed VI. Cette voie d’une longueur de 9, 1 km permet de relier le centre-ville à la nouvelle zone touristique récemment inauguré par Sa Majesté le Roi.
Dans un souci de désenclavement des îlots d’habitation, le Conseil communal avec l’aide des autorités de la ville à créé de nombreuses voies d’aménagement avec la création de trottoirs mais aussi avec la mise en place de l’éclairage adéquat.

Le volet culturel tient-il une place dans vos actions ?
Le volet culturel et associatif a, bien évidemment, été une de nos grandes préoccupations. Nous nous sommes engagés à finir le Théâtre royal ; d’ailleurs la partie plein air est déjà achevée et a permis d’accueillir de nombreuses manifestations de grande renommée tel que le festival du film, l’orchestre philharmonique, Caftan 2004 … Nous mettons également le théâtre et les locaux adjacents à la disposition de nombreuses associations pour y tenir leurs réunions ou pour l’organisation de spectacles pour leurs adhérents. D’ailleurs, dans ce contexte, nous sommes à pied d’œuvre pour la création d’une maison des associations, qui sera une grande première, dans laquelle toute association pourra bénéficier de locaux adéquats et d’une adresse postale avec du personnel nécessaire pour sa bonne marche. De plus, le Conseil communal accorde un soutien en octroyant une subvention à de nombreuses associations qui oeuvrent dans le caritatif tel que l’orphelinat de Marrakech ou l’Organisation alaouite pour la protection des aveugles. Nous organisons d’ailleurs chaque année une colonie de vacances en faveur des enfants des employés de notre commune lors des vacances scolaires durant la saison estivale. Dans ce sens, nous avons créé un service social avec deux assistantes sociales chargées essentiellement d’améliorer les conditions de travail des ouvriers qui sont au nombre de 1 800.
Côté sportif, la commune a réalisé de nombreux complexes. Nous citerons dans ce cadre, et à titre d’exemple, le complexe socio-éducatif de Bab Lakhmiss et celui de Massira qui bénéficie de terrains de sports, et de piscines et ce dans des quartiers populaires.
Enfin, et dans le but de répondre aux nombreuses demandes en terrains permettant d’accueillir de nouvelles unités touristiques, la commune a contribué à la création d’une nouvelle zone touristique qui est déjà en activité et qui répond à une demande croissante de touristes pour notre cité.

Que faites-vous pour sauvegarder l’environnement de la ville ?
Nous avons réorganisé la collecte des ordures ménagères et nous sommes sur le point de réhabiliter la décharge publique. Ces actions ont permis à la ville de devenir plus propre ; d’ailleurs, je tiens à vous informer que la ville de Marrakech a pu obtenir un financement européen dont l’objectif est de certifier la ville en matière d’environnement (ISO 14.001). Cet objectif et l’obtention de financement constituents une grande première au Maroc.
En énumérant toutes ces actions, en ne citant que les plus importantes, notre objectif principal est de faire de Marrakech un lieu où il est agréable d’y vivre mais aussi où règne un climat de confiance pour attirer de nombreux investisseurs et ce en facilitant toutes les démarches administratives.

D’un point de vue urbanistique, quels sont les grands projets structurants ?
Marrakech est une ville qui compte pas moins de 840 000 habitants selon le dernier recensement. Nous nous devons dans ce sens d’inscrire nos prérogatives d’un point de vue urbanistique dans une politique de moyen et long termes.
Ainsi nous avons accordé une grande importance à la création de voies d’aménagement comme ce fut le cas de la nouvelle rocade qui a permis aux véhicules désirant se rendre vers le sud du Maroc d’éviter d’entrer dans la ville. Par ailleurs, nous sommes sur le point de mettre en activité un nouveau marché de gros avec des infrastructures récentes et qui répondent aux normes exigées en la matière. Nous sommes aussi sur le point de mettre en place des ponts sur la voie ferrée permettant ainsi d’éradiquer les problèmes de circulation causés par les passages à niveau. Le Centre hospitalier et universitaire est en cours d’achèvement et permettra ainsi d’offrir des soins de santé optimale.
Et, du fait des nombreux problèmes causés par le stationnement à Marrakech, nous avons opté pour la création de nombreux parkings ; autour de la place Jamaa El Fna et des parkings souterrains avec de grandes capacités de stationnement particulièrement dans le quartier Guéliz.
Afin de répondre aux nombreuses demandes en matière de création d’unités industrielles, la commune est sur le point de mettre en place une nouvelle zone industrielle (Sidi Ghanem 3) qui, lors de son achèvement, permettra la création de nombreux emplois à la population. Cette situation va de pair avec l’ouverture de nombreux instituts de formation qui offre actuellement une main-d’œuvre qualifiée.
Mais les projets qui nous tiennent le plus à cœur, actuellement, sont la création de la nouvelle zone touristique et l’achèvement de l’autoroute reliant Marrakech à Casablanca qui, nous en sommes convaincus, doublera le nombre de visiteurs de la perle du sud.

Quelle est la politique en matière d’habitat ?
Vu le nombre de constructions que connaît la ville de Marrakech et l’engouement des nationaux et des étrangers à acquérir une résidence à Marrakech, le Conseil communal se devait d’appliquer des normes très strictes en matière de construction mais se devait aussi de faire un choix diversifié de logements, de l’économique au haut standing . D’ailleurs, la commune a facilité toutes les démarches administratives allant du dépôt de dossier pour l’obtention du permis de construire à l’octroi du permis d’habiter.
Nous nous sommes fixé comme objectif primordial d’éradiquer l’habitat insalubre avec la mise en place d’actions de recasement avec l’octroi d’avantages pour les familles recasées.

L’agglomération connaît un grand développement. Peut-on dire que cette croissance est contrôlée ?
Nous avons tenu, le conseil communal et le wali, à contrôler le périmètre urbain. Il ne dépassera pas la limite actuelle et aucun projet d’extension n’est prévu.

Marrakech est en train de redevenir une ville jardin. Combien de jardins et d’espaces verts ont-ils été aménagés et quel budget a été alloué à ce projet ?
Marrakech se devait d’être plus attrayante, plus belle et plus sûre. Dans ce cadre, le Conseil communal, avec l’aide des autorités, a créé ou réhabilité de nombreux jardins mais aussi a embelli les abords de nombreuses avenues avec la plantation de fleurs et de plantes ornementales. Nous avons aussi, avec le soutien de la Fondation Mohammed V pour l’environnement et grâce au soutien de Son Altesse Royale la Princesse Lalla Hasna, réhabilité le jardin Aarset Moulay Abdeslam avec comme finalité la création du premier cyber parc au Maroc. Grâce à toutes ces actions, la ville de Marrakech peut s’enorgueillir de ses 900 hectares de jardins, faisant ainsi d’elle, l’une des villes les plus vertes au Maroc. D’autre part, et dans ce même contexte, la place Jamaa El Fna, lieu incontournable de tout visiteur, a connu un lifting sans précédent et ce par un pavage (42 000 m2), une rénovation de l’assainissement, une adduction en électricité et eau potable mais aussi en gaz de ville, évitant ainsi la pollution engendrée par les petits moteurs …
L’aménagement de jardins sur les grandes artères de la ville, mais aussi la création de jardins dans les quartiers populaires (Daoudiate, Mhamid), a permis à la population de prendre conscience de la nécessité de la protection d’espaces verts qui constituent un poumon pour les habitants. D’ailleurs, nous avons constaté la création d’associations de quartier qui nous ont demandé de leur créer un espace vert dans leur quartier.
Quant au budget alloué aux jardins, comme dit l’adage, «quand on aime on ne compte pas».

Marrakech est souvent envahie de touristes, ce qui pose parfois des problèmes de circulation, de sécurité… Qu’est-ce qui est fait pour y remédier ?
Dans un premier temps, je tiens à vous informer que la ville ne connaît pas de problème d’insécurité. Quant aux problèmes de circulation, une étude a été enclenchée afin de mettre en place un plan d’aménagement de la circulation. L’engouement que connaît Marrakech de la part des touristes nationaux et internationaux permet à la ville de se développer. L’engouement pour la ville a engendré une flambée des prix de l’immobilier. Qu’est-ce qui est fait pour atténuer cette flambée ?
Les prix de l’immobilier obéissent à la loi de l’offre et de la demande. La ville ne peut intervenir sur ce phénomène. D’ailleurs, Marrakech est devenue depuis plusieurs années une halte obligatoire pour la jet-set, cela a permis la création de lieux réputés mondialement.

Omar Jazouli, président du Conseil de la ville : «La place Jamaâ Lafna a connu un lifting sans précédent. Un pavage de 42 000 m2 a été réalisé».