Ecoles cotées, secteurs porteurs…, tout sur les salaires des débutants

LMS ORH établit le palmarès des meilleurs écoles selon le critère de la rémunération.
L’insuffisance de bons profils a fait flamber les salaires.
Les universités locales sont au bas de l’échelle.

Quelles sont vos prétentions salariales ? Quand, il y a quelques années, on posait la question à un jeune diplômé en quête d’un premier emploi, il fallait s’attendre beaucoup plus à un regard étonné qu’à une réponse précise.

C’est que cette population était très peu renseignée sur les pratiques des entreprises ou sur la cote de leur école. Désormais, il semble que la donne ait changé grâce aux enquêtes de rémunération effectuées par les cabinets de la place. Aujourd’hui, beaucoup de jeunes savent que pour commencer sa vie professionnelle avec un bon salaire, il faut être titulaire d’un diplôme d’une grande école de commerce ou d’ingénieurs, étrangère de préférence. Par conséquent, ils monnayent mieux leur talent, d’autant plus que les bons profils sont insuffisants en nombre au regard des besoins des entreprises.

C’est ainsi que l’on assiste à une inflation des salaires, au point que les DRH s’inquiètent franchement de la situation et que certains pointent du doigt les entreprises qui font monter les enchères. On a en effet assisté à une guéguerre dans cette recherche de talents, et ce dans plusieurs secteurs. Les jeunes qui ont fait le choix de changer de boîte n’ont rien regretté, du moins financièrement, la surenchère profitant bien sûr aux jeunes diplômés.

Les écoles de commerce marocaines n’arrivent qu’en sixième position
Les lauréats d’HEC Paris, Polytechnique, Centrale Paris, Ponts et Chaussées et autres caracolent en tête du classement des meilleures rémunérations annuelles brutes à l’embauche effectué par LMS Organisation & RH. Ainsi, les lauréats de ces écoles peuvent prétendre à 280 000 DH annuels bruts.

Ils sont talonnés par les écoles de province comme l’ENS Lyon, Centrale Lille ou Centrale Lyon, avec des salaires avoisinant les 220 000 DH, ou encore les lauréats d’écoles marocaines type Ecole Hassania des travaux publics (EHTP) ou Ecole Mohammadia des ingénieurs (EMI). «Mieux encore, ces derniers arrivent à dépasser certaines écoles françaises de province», estime Omar Benaini, consultant associé à LMS ORH.

Côté écoles de commerce, on retiendra que les écoles françaises comme HEC, l’Essec… sont mieux cotées. Un débutant qui en est issu peut se voir offrir un salaire brut annuel de 260 000 DH. Les lauréats des écoles marocaines telles l’Iscae, l’université Al Akhawayn ou l’ENCG Settat n’arrivent qu’en sixième position (voir suite du dossier) avec des salaires annuels compris entre 100 000 et 130 000 DH.

Rien de surprenant dans ce classement, qualifié de naturel et logique par un DRH. De manière générale, les enseignements les plus spécialisés sont les plus payants à l’embauche. Les entreprises veulent des personnes en mesure d’acquérir leur autonomie très vite.

C’est la raison pour laquelle, à de rares exceptions près, les jeunes diplômés des universités issus de cursus assez généralistes ne font pas le poids face à ceux des grandes écoles de commerce ou d’ingénieurs. Même un diplômé d’une école de formation spécialisée de niveau bac + 2 peut être mieux coté qu’eux. A cet égard, certains établissements dispensent des formations de qualité et qui se vendent très bien auprès des entreprises.

C’est le cas dans les domaines de l’informatique, de la comptabilité ou de la gestion.

Evidemment, ces grilles ne concernent que les entreprises structurées qui font du benchmark pour mettre en place une politique de rémunération concurrentielle. Il y a encore des employeurs, surtout parmi les PME et les groupes familiaux encore assez fermés, qui profitent de la naïveté des jeunes pour leur proposer des salaires en dessous de leurs compétences.