E-learning : les entreprises sont encore trop frileuses

Le mix entre la formation présentielle et à  distance constitue pour beaucoup d’entreprises une première étape vers le 100% e-learning. Certaines d’entre elles font face à  la résistance au changement.

Programme Genie pour l’enseignement scolaire, E-Sup pour le cycle supérieur, programme [email protected] et bien d’autres. Depuis quelques années, les TIC ont fait leur entrée tant au niveau des écoles et universités,  administrations publiques qu’au niveau des entreprises. Pourtant, malgré cette bonne dynamique, le e-learning peine toujours à prendre son envol contrairement au recrutement qui est entré dans une phase de maturité. Selon les spécialistes, cette nouvelle pédagogie n’est pas encore prête à bousculer les mœurs surtout dans les entreprises. Les coûts exorbitants des plateformes, de conception des cours et des tuteurs sont certes des facteurs de blocage. Mais pas seulement. Abdelilah Sefrioui, DG d’Axe RH, relève que les freins sont avant tout culturels. «En réalité, les entreprises ont tendance à croire qu’une part essentielle de la qualité d’un enseignement relève de l’interaction entre le formateur et les participants. Ces derniers ont toujours besoin du contact humain dans l’apprentissage», explique-t-il.

La confiance exige une évolution des catalogues des formations proposées

Hatim Benyoussef, expert en e-learning et auteur du baromètre e-learning au Maroc, fait remarquer, pour sa part, que ce dispositif n’est pas encore arrivé à maturité. Ce qui justifie le développement plus rapide de formations blended (mix entre la formation présentielle et à distance) aux dépens des formations 100% à distance. Il ajoute également que ce frein peut aussi être générationnel. «Autant les juniors se familiarisent rapidement avec les TIC, autant les seniors sont plus résistants aux nouvelles technologies. Cela se ressent beaucoup plus dans les administrations où les fortes résistances au changement constituent un frein au développement du e-learning», poursuit-il. Les difficultés à maintenir dans le temps la motivation des apprenants semblent être un autre frein à son développement.

En définitive, il y a plus d’offres que de demandes dans le domaine de la e-formation. La gamme de produits est assez diversifiée et touche tous les domaines d’activité. Il n’en demeure pas moins que la confiance exige une évolution des catalogues des formations proposées sur le marché tout comme celle des bonnes pratiques. «Plus les donneurs d’ordre investissent dans ces dispositifs, plus les prestataires proposeront des contenus de qualité avec des prix adaptés à toutes les bourses», souligne pour sa part Doha Benjelloun, DG du cabinet Practech, éditeur de solutions e-learning. L’équation est simple : d’un côté, un engagement et une volonté et de l’autre, des prestations de qualité. Reste quand même la question du remboursement. Le système de gestion de la formation professionnelle offre peu de garanties aux entreprises qui optent pour ce type de formations.