Déstresser après le boulot : mode d’emploi

Le stress n’est pas une fatalité, il peut être combattu.
Sport, peinture, sculpture, sont autant de moyens permettant de se ressourcer.
Quelle que soit la distraction que l’on préfère, l’important
est de savoir se ménager des moments pour s’aérer et écouter
son esprit et son corps.

Les statistiques le prouvent : le stress constitue peut-être l’une des maladies professionnelles les plus courantes, même s’il n’est pas encore reconnue en tant que tel dans de nombreux pays.
Aux Etats-Unis, une enquête montre que 50 % des salariés estiment que le stress constitue leur problème majeur. Quelque 44 millions de personnes en souffriraient dans l’Union européenne.
Au Maroc, aucune statistique sur le phénomène n’est disponible. Cependant, ses conséquences négatives sur la santé et, au-delà, sur la performance, ne font aucun doute. Déprime, mal de dos, maladies cardiovasculaires et bien d’autres complications physiques guettent les sujets les plus exposés. Certains sont même tentés de tout laisser tomber, pour de bon. Le mal s’amplifie, alors que les causes en sont connues depuis plusieurs années. Surcharge de travail, pression des objectifs toujours plus élevés, conflits personnels en milieu professionnel… Attention, vous êtes menacés si vous êtes confrontés de manière récurrente à ces problèmes. Par conséquent, réagissez vite, avant de vous trouver enfermé dans un cercle vicieux.

Payants ou pas, les moyens de s’évader sont nombreux

Evidemment, il est possible de consulter un psychologue ou un coach pour pouvoir
se réorienter. Mais il y a mieux : à un moment donné, il suffit de faire un break ou de s’adonner régulièrement à des occupations permettant de rompre avec la pression de l’activité professionnelle. Le fait de casser «le rythme du travail permet de dégager une énergie positive permettant de reprendre le travail avec une bonne disposition physique et mentale», souligne Farouk Dadi, médecin du travail.
Certains cadres l’ont compris. «Il y a un rendez-vous que je ne peux rater pour rien au monde : mes leçons de violon à raison de deux fois par semaine. Vu le rythme infernal auquel je suis soumise, il m’est indispensable de me ressourcer en musique. Après 19 heures, je troque mon costume de cadre pour celui de musicienne», explique Soumaya Bennani. A l’instar de cette directrice commerciale d’une société de services, de plus en plus de managers s’adonnent à leur passion après le boulot, en semaine ou le week-end. Payants ou pas, les moyens de s’évader sont nombreux.
Beaucoup de managers optent pour le tennis ou le golf, souvent pour pouvoir également parler affaires après un set ou quelques trous. Le cadre y est souvent agréable mais il y en a qui ne voudraient, pour rien au monde, mêler distractions et affaires. C’est le cas de Karim Zaz, Dg de Wanadoo, pour qui la coupure doit être totale. «Quand on fait du sport ou une autre activité pour se refaire une santé, il faut y aller à fond», dit-il. Ce patron, qui se qualifie d’anticonformiste, a craqué pour le parachutisme et pratique le football. En plus des bienfaits qu’ils lui apportent sur le plan physique, ces deux disciplines lui permettent de s’enrichir sur le plan humain, puisqu’elles lui donnent l’occasion de côtoyer des gens d’un milieu social différent (voir interview en page suivante).

Le sport, meilleur remède anti-stress

On ne le dira jamais assez, le sport est sans doute l’un des meilleurs remèdes anti-stress et qui, très souvent, ne coûte presque rien à ceux qui le pratiquent. Si certains clubs sont trop sélectifs, on pourra toujours se tourner vers les salles de remise en forme. Et pourquoi pas les randonnées ou le jogging ? D’ailleurs, il est admis que la pratique sportive en plein air est encore plus saine qu’en milieu fermé.
Pour ceux qui ne veulent pas trop mettre leur corps à l’épreuve, il y a moult autres activités qui permettent de se ressourcer, d’oublier le quotidien du bureau. Le cinéma, la musique, la peinture, la sculpture ont de plus en plus d’adeptes et certains cadres en font souvent une seconde vie. Elle leur permet de faire le vide, et cela d’autant plus qu’ils l’exercent en dehors de toute contrainte. Par exemple, Abderrahmane Ouardane, DG de Forum 7 et Abdelmajid Hannaoui, cadre au CMPE, ne jurent que par la peinture.
Bref, quelles que soient ses préférences, l’important est de prendre du recul à temps pour libérer son esprit. Mais, en dehors des hobbies, la famille est une source de revitalisation inépuisable