Déléguer avec efficacité : des managers partagent leur recette

Motiver ses collaborateurs et se concentrer sur les missions stratégiques sont les principaux objectifs de la délégation. Il est impératif de maîtriser trois éléments : les compétences du collaborateur délégataire, sa disponibilité et surtout sa motivation.

De nos jours, l’usage de la délégation revient très souvent dans les discours de managers prompts à mettre en exergue leur modernité. En réalité, il n’y en a pas beaucoup qui franchissent vraiment le pas car le fait de confier une tâche ou une mission donne l’impression de perdre une partie de son pouvoir. Pourquoi est-il si difficile de déléguer ? Trop souvent, la délégation est mal perçue aussi bien par le patron que par les collaborateurs. Pour le premier, déléguer, c’est prendre des risques, partager des responsabilités qu’il sera le seul à assumer en dernier recours, c’est-à-dire en cas de problème. Pour les seconds, c’est se voir «léguer» les tâches ingrates et sans intérêt. Ce quiproquo survient à chaque fois que la délégation n’est pas en parfaite cohésion avec le style de management du dirigeant ou lorsqu’il n’y a pas véritablement de travail d’équipe.

Ensuite, nous connaissons tous ces subterfuges que certains lancent à chaque fois pour ne pas déléguer : ce sera mal fait, c’est trop compliqué pour les autres, je préfère moi-même m’occuper de cette tâche, tout le monde est chargé…Pourtant, si elle est bien tracée, elle ne peut que donner de bons résultats.  

En quoi la délégation peut-elle être bénéfique ? D’abord parce qu’elle est source de performance, et pour le patron qui peut se concentrer sur des dossiers stratégiques, et pour le collaborateur qui, par ce moyen, élargit son champ de compétences et s’ouvre d’autres sources de motivation. Pour ceux qu’on a interrogés, le coaching et l’animation d’équipe doivent être de prime abord leurs rôles essentiels. «Tout manager doit donner l’envie et le sens du travail à ses collaborateurs», souligne Zakaria Fahim, DG du cabinet BDO.

Déléguer, c’est prendre le pari que votre collaborateur fera différemment des tâches dont vous avez toujours eu la charge jusqu’à présent. Cependant, il est essentiel de bien connaître les spécificités de chacun, en particulier ses motivations, ses aspirations et sa méthode de travail. Ceci est très important, car tenter de regonfler un collaborateur désabusé en lui confiant une mission d’envergure peut tourner au vinaigre. Par exemple, Jérôme Mouthon, DG de l’agence Buzzef, préfère se pencher davantage sur les missions stratégiques et institutionnelles. Il s’agit notamment de la gestion de la relation avec les actionnaires, du développement de la vision stratégique de l’entreprise et des dispositions pour assurer un développement pérenne dans la durée. Comme quoi il faut tout de même garder un œil sur ses affaires.

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