Créer son entreprise au Maroc : Avis de Zakaria Fahim, DG du cabinet BDO

« L’idée de la micro-franchise semble la meilleure opportunité pour favoriser la création d’entreprise »

La Vie éco : L’environnement est-il propice à la création d’entreprise ?

C’est dans le chaos que l’on trouve le plus d’opportunités. La crise est toujours un terrain favorable à la création. Je pense que l’entreprenariat est un sérieux problème pour le laisser aux politiques. Il faut dire qu’aujourd’hui le système de rente n’est plus permis. Il faut s’ouvrir sur de nouveaux horizons et se dire que c’est possible. La prise de risque mérite un peu plus de sérieux.
Tous ceux qui ont essayé un jour de lancer un business peuvent en témoigner : c’est rarement auprès des banques qu’ils obtiennent un coup de pouce parce qu’on leur réclame des garanties impossibles ou parce qu’elles ne prennent pas au sérieux les projets devant leurs mains. Et si l’informel existe toujours, c’est parce que les jeunes ne croient pas aux discours qu’on leur projette souvent sur les mécanismes d’aide à la création d’entreprise. Je pense qu’un jeune créateur doit bénéficier d’informations et de conseils clairs sur les étapes et les voies qui s’ouvrent à lui pour démystifier davantage cet acte.

Ont-ils encore peur de passer à l’acte ?

Je ne pense pas que c’est le cas. Si on n’arrive pas à s’en sortir, c’est parce qu’il n’existe pas de mesure alternative. C’est pourquoi j’ai toujours milité pour la solution de l’auto-entreprenariat, un dispositif souple qui facilite l’acte entrepreneurial. Simplicité de création, fiscalité souple…, ses avantages sont indéniables. Imaginez quelqu’un qui passe par cette option. Il sera en mesure de gérer ses revenus, ses déclarations sociales et fiscales. Cette option permet tout de même de sortir de l’informel.

Selon vous, quels sont les bons créneaux pour développer la création d’entreprise ?

A mon sens, l’idée de la micro-franchise semble la meilleure opportunité. Par exemple, imaginez une agence de chauffeurs formés à votre disposition selon vos besoins. Parce qu’on ne peut pas se payer un chauffeur tous les jours ou parce qu’on n’arrive pas à en avoir un quand il s’agit d’aller dans une autre ville ou se rendre à une adresse qu’on ne connaît pas forcément.
Cela peut être également possible pour les métiers de maintenance. Aujourd’hui, beaucoup de PME ne peuvent se permettre d’avoir une personne à plein temps pour gérer leur parc informatique ou autre. Mettre en place une base de données de techniciens à disposition des entreprises est une voie non négligeable. On peut l’imaginer également pour d’autres qualifications ou métiers. Par exemple pour le tourisme, on peut former les enseignants retraités à devenir des guides pour touristes.
Je reste convaincu que si on met des mesures simples, on ne peut que développer la création d’entreprise et par conséquent réduire le chômage. La vraie puissance de l’économie, c’est la TPE et la PME. Après, on peut les aider à grandir.