Consultant : Avis de Taha Benzekri, Directeur des ressources humaines et communication à Sonasid

«Le bon consultant est celui qui essaie de faire prendre de la hauteur à son client»

_Taha-BenzekriLe recours aux cabinets de conseil peut avoir un apport appréciable pour les entreprises qui souhaitent se faire accompagner dans leurs projets, qu’ils soient techniques, managériaux ou stratégiques. Depuis quelques années déjà, au Maroc, nous assistons au développement d’offres très variées, avec des niveaux de qualité et d’expertise très disparates. Ceci impose aux clients, à mon sens, d’être vigilants dans le choix de leurs prestataires. Certes, si l’expertise, l’expérience et les références du cabinet sont importants et peuvent être considérés comme gage de sérieux dans la relation commerciale, il n’en demeure pas moins que les intervenants doivent être de vrais professionnels, capables d’apporter aux clients l’expertise et la méthodologie nécessaires et refléter «la notoriété» affichée par les cabinets.

Dans notre pratique, nous procédons systématiquement à l’analyse des CV des consultants proposés par les cabinets. Il nous arrive même d’en écarter certains qui ne présentent pas, pour nous, suffisamment d’expérience dans les domaines concernés ou ne tiennent pas compte de la culture de l’entreprise ou ne possèdent pas l’approche adéquate pour la réussite du projet. Dans ce cas, le cabinet est évalué par rapport à sa capacité à identifier et à proposer rapidement le bon profil de consultant pour accompagner le projet ou la mission en question; c’est une forme d’agilité que doit avoir le cabinet de conseil qui, selon moi, fait sa différence avec ses concurrents.

Sur le fond, le recours à un cabinet ou à un consultant présente des avantages certains pour un manager ou une entreprise qui a besoin de prendre le recul nécessaire sur des sujets stratégiques ou impactant son business. Le bon consultant est celui qui essaie de faire prendre de la hauteur à son client, lui propose des recommandations et des scénarios différents et l’aide à construire sa propre conviction, en fonction de ses paramètres environnementaux, sociaux, culturels, de marché, etc. Car, en définitive, c’est le client qui mettra en place les recommandations retenues, pilotera le changement et sera comptable de sa mise en œuvre et de sa réussite.

Enfin, la dimension de partenariat entre le cabinet et le client est déterminante. Il est donc important que la relation soit basée sur la confiance mutuelle et la bonne connaissance des deux partenaires, condition sine qua non pour la bonne compréhension des besoins et des enjeux, parfois passés sous silence ou non communiqués clairement par le client, sans lesquels la réponse apportée ne peut être juste.