Comment se comportent les migrants professionnels

En quête de nouvelles opportunités, les talents sont de plus en plus enclins à  quitter leur pays. La France fait partie des pays qui, avec les Etats-Unis, le Royaume-Uni, l’Irlande et l’Italie, ont enregistré plus de départs que d’arrivées.

Quels pays ont reçu (ou perdu) le plus de talents en 2013 ? Quelles sont les caractéristiques communes de ceux qui choisissent de migrer ? C’est pour tenter de répondre à ces questions que le réseau social professionnel LinkedIn a mené une étude auprès de ses membres ayant publié entre novembre 2012 et novembre 2013 un nouveau statut professionnel intégrant un changement de région géographique de plus de 161 km. L’étude, réalisée dans 20 pays différents (hors Chine), est riche d’enseignements pour les recruteurs cherchant à attirer les talents du monde entier.

Les gagnants et les perdants

A commencer par la France qui, en 2013, a surtout attiré des talents venus des Etats-Unis, du Royaume-Uni, d’Espagne ou du Canada. Toutefois, l’Hexagone a reçu moins de talents qu’il n’en a envoyés à l’étranger, notamment au Royaume-Uni, aux Etats-Unis et en Suisse qui conservent un haut niveau d’attractivité auprès des Français ayant des compétences en ingénierie et en langues étrangères.
Avec un solde à -0,2%, la France fait partie des pays qui, avec les Etats-Unis, le Royaume-Uni, l’Irlande et l’Italie, ont enregistré plus de départs que d’arrivées. Seule l’Espagne affiche un solde négatif plus élevé (-0,3%), principalement à cause des difficultés économiques que le pays a traversées ces dernières années. A contrario, les Emirats Arabes Unis sont le pays ayant attiré le plus de talents en 2013 (+1,3%), essentiellement dans les métiers de l’architecture et de l’ingénierie, suivi de la Suisse, de l’Arabie Saoudite et du Nigeria.

Pourquoi ils migrent ?

L’étude souligne également la bonne performance de l’Allemagne qui, malgré la conjoncture européenne morose, affiche une belle croissance de 0,4%. Témoignage de la bonne santé de son économie, le pays a attiré l’an dernier un flux important de talents européens spécialisés dans le secteur technologique, la majorité étant des ingénieurs et chercheurs indépendants pour les industries automobile ou de logiciels.

La proximité géographique avec le pays d’origine semble être un facteur déterminant pour motiver la mobilité. La preuve en chiffres : 60% des membres LinkedIn ayant choisi de migrer en Allemagne en 2013 venaient de pays européens. En Espagne, 60% des migrants professionnels ont quitté leur pays, l’Espagne, pour un autre pays européen. Tout aussi éloquent, 75% des membres ayant migré aux Emirats Arabes Unis sont originaires  du Moyen-Orient. Et seuls 3% des membres américains ayant bougé géographiquement ont choisi de quitter les Etats-Unis.

La langue revêt aussi son importance : les membres LinkedIn en Espagne sont ainsi plus enclins à se déplacer pour saisir une opportunité dans des pays hispanophones d’Amérique Latine, cette région ayant attiré 20% des migrants espagnols. A cela vient enfin s’ajouter la perspective d’une meilleure évolution professionnelle : la plupart des talents arrivés aux Emirats reconnaissent avoir eu accès à une promotion, 40% d’entre eux indiquant un niveau de séniorité du niveau «manager» ou au-dessus dans leur nouveau job.