Comment réagir quand son poste est menacé

Certains signaux vous permettent d’évaluer la cote de votre poste.
Provoquez rapidement une discussion avec la hiérarchie ou la DRH si une
menace plane sur celui-ci.
En cas de départ, ne coupez jamais les ponts avec vos collègues
ou vos supérieurs ; ils peuvent vous aider à trouver un nouvel emploi.

Changement de stratégie, restructuration, liquidation… De nombreuses sociétés connaissent actuellement de tels phénomènes. Des banques aux compagnies d’assurances en passant par les grands groupes ou même les entreprises publiques, les exemples ne manquent pas. Entre autres facteurs à l’origine de ces initiatives, les fusions, qui génèrent un surplus de salariés, les anticipations quant à un retournement de tendance, les difficultés économiques ou, parfois, le rajeunissement du personnel. Les salariés, cadres ou simples exécutants, sont toujours les premières victimes.
Mohamed K., ancien cadre dans une compagnie d’assurances, a fait les frais d’une restructuration de son entreprise. Son nouveau patron lui mène la vie dure, lui retire des dossiers importants et va même jusqu’à l’écarter des réunions importantes. «Cette mise à l’écart est d’autant plus difficile à supporter que j’ai fait l’essentiel de mon parcours professionnel dans une seule boîte», note-t-il.
De tels cas se comptent par dizaines. Parfois, pour éviter de payer des indemnités importantes, certaines entreprises préfèrent mettre les personnes indésirables au placard. On voit ainsi des directeurs se retrouver, du jour au lendemain, simples chargés de mission – sans mission en vue – ou directeurs délégués, sans autre responsabilité que de se présenter tous les jours au bureau.
Démotivation et stress sont le lot des personnes menacées
Parfois, la responsabilité de ces mises à l’écart ne revient pas à l’entreprise. Une équipe, une personne, n’arrivent parfois pas à atteindre les objectifs qui leur sont assignés ou accumulent les contre-performances.
Dans tous les cas, le sentiment d’être menacé dans son poste engendre, outre un stress négatif, un climat de crainte, d’incertitude et de démotivation. C’est le cas de ce cadre au sein d’un établissement bancaire qui, voyant ses collègues remerciés à tour de bras et remplacés par des jeunes, s’inquiète sur son sort. Certes, la DRH l’a rassuré, mais il sait très bien qu’il est, à terme, condamné.
Pour Assia Aiouch, DGd’Optimum conseil – Groupe BPI, «le changement est beaucoup plus difficile à vivre pour des salariés qui n’ont pas de visibilité sur leur avenir». Il est vrai que l’entreprise doit informer, expliquer et rassurer, au besoin, si l’initiative vient d’elle. Mais rien n’empêche un employé d’essayer de détecter les signaux annonçant un bouleversement.

Demandez un changement de poste si vous vous sentez à l’étroit
Ceux qui connaissent plus ou moins les difficultés de l’entreprise peuvent à la rigueur se recaser, soit dans les départements les plus performants de l’entreprise soit carrément dans une nouvelle entreprise. Quand il y a des annonces publiques, de fusion par exemple, ou un programme de départs anticipés à la retraite, on peut aussi mettre en place une stratégie personnelle pour éviter d’être pris de court. A défaut de toutes ces informations, on peut toutefois guetter la survenue d’autres signaux permettant de mesurer sa cote.
Votre responsable hiérarchique vous informe de moins en moins, vos gros clients se montrent très réticents à renégocier un nouveau contrat, le plafond de vos frais de mission est abaissé, vos responsabilités sont réduites, vous assistez de moins en moins aux réunions importantes, le nouveau consultant ne vous a pas été présenté… Faites attention ! Vous n’êtes pas loin de la mise à l’écart. Ne laissez pas pourrir la situation. «A la fin de l’année, quand j’ai reçu des primes largement inférieures à ce que j’attendais, sachant que j’avais dépassé mes objectifs, j’ai eu la confirmation que je n’étais plus dans les plans de mon nouveau DG», confie un cadre de banque.
Ne laissez pas pourrir la situation. Parlez-en à votre supérieur direct ou encore au DRH qui est normalement au courant de la gestion des carrières au sein de l’entreprise. C’est ce qu’a fait ce cadre qui s’est retrouvé dans un nouveau poste avec des responsabilités moins importantes, sans pour autant perdre les avantages acquis. Il n’en est pas resté là et a pu préparer tranquillement son repli vers une autre entreprise. Cela a été possible parce qu’il a évité de créer un climat conflictuel pouvant entraîner un licenciement motivé.
En somme, quand un départ s’impose, «la prise de conscience de vos forces, de vos habiletés et de vos faiblesses vous procurera le recul nécessaire pour mieux gérer la situation», explique Abdelillah Sefrioui, consultant administrateur d’AXE RH. Dernière précaution à prendre, quelque soit le degré de mésentente entre vos supérieurs hiérarchiques et vous-même, essayez de garder des rapports cordiaux. Il est arrivé que des cadres se voient exclus d’un nouvel emploi car leurs anciens patrons les «grillaient» systématiquement lorsqu’on les appelaient pour donner un avis sur le candidat