Comment ils ont vécu leur rencontre avec un chasseur de têtes

M.T.
Responsable communication
« Après une expérience en demi-teinte, je fais désormais très attention au descriptif du poste»
«J’ai eu affaire à un chasseur de têtes, il y a plus de trois ans. A l’époque, je travaillais pour une société d’édition. L’assistante du directeur du cabinet de recrutement m’avait contacté pour un poste dans la communication pour un gros client. A priori, je n’étais pas réticent pour la proposition. Tant qu’à faire, autant essayer. Je n’avais rien à perdre. En tout cas, je n’ai pas réfléchi deux fois pour sauter sur l’occasion. Une fois le rendez-vous pris, j’ai eu un entretien avec le chasseur de têtes que je connaissais déjà auparavant. De ce fait, la conversation était détendue et tournait autour de mon projet de carrière, mes ambitions personnelles et, bien sûr, mon avis sur la proposition. Il m’a aussi renseigné sur l’entreprise cliente (sans dévoiler son nom, bien évidemment), son secteur d’activité, sa taille, la nature du poste offert sans donner toutefois d’indications sur ce dernier point. C’est par la suite que j’ai su que l’entreprise n’avait pas d’idée précise sur le poste en question du fait qu’il n’existait pas auparavant. Chose qui ne m’a pas aidé par la suite. Parce que, après avoir intégré la nouvelle entité, j’ai eu du mal au départ à connaître ma marge de manœuvre : missions et responsabilités mal définies, complexité dans la gestion des informations, prise d’initiative limitée… C’est dire que la tâche n’était pas aisée dès le départ. J’ai fini par abandonner pour retrouver mon secteur initial. Ceci dit, j’ai appris beaucoup de choses sur le terrain. C’est pourquoi je fais davantage attention au descriptif de poste lorsque je reçois de nouvelles propositions.»

S.B.
Cadre financier
« Un bon professionnel, c’est aussi celui qui vous propose plusieurs alternatives»

« Je pense qu’un bon chasseur de têtes est celui qui sait analyser votre personnalité et vos motivations pour vous proposer le poste qui vous convient. J’ai toujours travaillé avec un chasseur de têtes. D’ailleurs, c’est grâce à lui que j’ai pu décrocher mon premier job dans une compagnie aérienne. Je pense qu’il a été efficace parce que le poste qu’il m’a proposé correspondait parfaitement à mes attentes, à savoir avoir un poste de responsabilités, une équipe à gérer, des challenges importants à saisir… Un bon professionnel est également celui qui vous propose des alternatives. Il vous fait réfléchir sur votre parcours professionnel. Par exemple, il est arrivé que l’on me déconseille des propositions alléchantes par la rémunération, mais qui cachaient en fait des conditions de travail abominables.»

n R. B.
Responsable marketing dans la grande distribution
« Les réseaux permettent de se placer plus rapidement»
«Comment faire pour séduire un chasseur de têtes ? Je pense qu’il n’y a pas de réponse standard à cette question. Chaque entreprise cherche le profil qui correspond à son environnement et au poste à pourvoir. Mais, sur tous les marchés, les caractéristiques d’un manager performant sont les mêmes : compétence, ouverture d’esprit, discrétion, franchise. Si on réunit ces critères, il est clair qu’on ne peut pas passer inaperçu, surtout dans un environnement où tout le monde, quasiment, se connaît, directement ou par l’intermédiaire d’une connaissance commune.
Personnellement, je ne cherche pas un nouvel emploi, mais on m’en a proposé plusieurs fois, directement ou via un cabinet. Chaque fois, j’ai refusé du fait qu’entre les discours et la réalité, il y a généralement un hiatus. Je m’en suis rendu compte en faisant mon enquête. Beaucoup de cadres débauchés ont d’ailleurs fait ce constat. Il faut donc chercher à tout connaître sur l’entreprise qui désire vous embaucher, la nature du travail, les possibilités de promotion, le salaire… Le tout, couché sur un contrat.
A ceux qui veulent se placer pour avancer plus rapidement, je dirai que les réseaux (associations, clubs de réflexion…) sont très importants pour se faire remarquer. Mais, encore une fois, sans compétences, il est inutile d’avoir de grandes ambitions.»