Comment gérer sans stress le casse-tête des congés

Toute entreprise doit établir un programme en fonction de ses impératifs de production. Les dysfonctionnements sont la conséquence d’un manque d’anticipation.

Etablir un planning des congés des salariés est un casse-tête pour les responsables des entreprises. Qui partira en premier ? Qui le prendra en plein Ramadan ? Qui attendra après l’Aïd ? Qui assurera le remplacement ? Entre les desiderata des salariés et les contraintes de continuité du service, certains managers ne savent plus où donner de la tête.

Dans les entreprises organisées qui mènent une vraie politique de gestion des ressources humaines, il ne doit pas y avoir de difficultés. «Les départs en congé doivent nécessairement faire l’objet d’une planification et d’un tableau de suppléance pour assurer la continuité des activités», précise Mohammed Benouarrek, DRH de Promamec. Sauf que dans les entreprises qui décident d’une fermeture annuelle pendant cette période de l’année, il y aura sans doute des frustrés parmi les salariés. La loi est claire là-dessus, l’entreprise ne peut pas forcer un salarié à partir en congé, mais elle peut établir un programme en fonction des impératifs de production. Il peut arriver que, dans certaines structures, la prise de décision soit quasi impossible du fait de l’absence des principaux responsables. Dans d’autres, où prévaut ce qu’on appelle la délégation horizontale, il peut aussi y avoir des blocages.

Pour cette année comme pour l’année dernière, le plus difficile sera de faire face à un manque de moyens humains en plein Ramadan. Jamal Amrani, DG du cabinet Jadh, reste convaincu que par l’implication de tous, des possibilités d’optimisation du temps du travail et des énergies existent et peuvent largement amortir les effets généralement constatés sur le rendement et la performance.

L’été est une bonne période pour réajuster les actions

A cet effet, beaucoup parlent de délégation et de polyvalence ou encore de recul managérial comme solution.
On peut considérer la délégation comme une sorte de gestion de la relève, c’est-à-dire profiter des départs des supérieurs hiérarchiques pour initier les hauts potentiels à la prise de responsabilité. La polyvalence consiste, elle, à ce qu’on profite des effectifs réduits pour permettre à d’autres salariés de toucher d’autres domaines d’activité.

Enfin, le recul managérial consiste à profiter de cette période de relâchement pour bien préparer la rentrée. Certains managers et cadres qui ne vont pas en vacances profitent de cette période peu stressante pour effectuer un travail de fond, revoir leur stratégie et planifier des actions futures. Parce qu’on n’a pas eu le temps d’écouter les collaborateurs pendant l’année, on peut saisir l’occasion d’être plus proches d’eux, mettre de l’ordre dans son bureau, améliorer l’ergonomie de travail…

A Lire aussi :

Jamal Amrani : « Il n’y a pas une période précise pour partir en congé, tout dépend du secteur ».

Mohammed Benouarrek : « Cette année, il y a eu plus de pression pour l’organisation des départs en congé ».

Mohamed Bachiri : « Les départs en congé sont fixés 3 à 4 mois à l’avance ».