Comment affronter le syndrome du lundi : Témoignages

Arriver tôt au bureau, préparer sa semaine dès vendredi, ne rien faire le dimanche…, à  chacun ses petites recettes.

Lina H. Chargée de mission dans un office : «Le lundi est le baromètre de la semaine».

J’adore mon travail. Du coup, je me réveille généralement de bonne humeur, le lundi matin, prête à retourner au bureau. Pour être sûre que ça dure, j’ai mes petits rituels : avant de quitter la maison, je prends un verre de jus d’orange, en voiture j’essaie d’écouter de la musique et je chante à tue-tête.
En arrivant, après avoir vérifié et lu mes mails, il m’arrive souvent de proposer un café à mes collègues; l’occasion de discuter des projets en cours. Pour moi, le lundi est le baromètre de la semaine. C’est aussi le meilleur moment pour déterminer les priorités de la semaine et pour prendre de l’avance sur mes dossiers. Je préfère être prête à gérer d’éventuels imprévus. Et même lorsque je termine assez tard, je vais ensuite prendre un verre avec quelques amis pour décompresser, c’est aussi un de mes rituels du lundi.

Amine B. Commercial grands comptes dans la finance : «La journée du lundi est trop chargée pour moi».

Le lundi est synonyme de début de semaine et c’est donc le démarrage de cinq jours non-stop. J’exerce un travail particulièrement prenant, mes journées se terminent rarement avant 21 h. Pour moi, le lundi est forcément le pire jour de la semaine puisque notre réunion d’équipe hebdomadaire est programmée tous les lundis matin à 8h30. Elle dure généralement deux heures au minimum et déborde souvent. Comme c’est moi qui l’anime, je dois systématiquement la préparer le dimanche puisque l’ordre du jour est validé le vendredi. Ce qui rend le lundi encore plus désagréable pour moi, c’est le trajet pour me rendre à mon travail qui me prend une heure en moyenne. Ce jour-là je dois me réveiller à 6 h. Cela fait bien sûr partie de mes fonctions et j’ai vraiment la chance d’apprécier mon travail mais il y a vraiment des semaines où je me passerai bien de cette réunion. Et puis au final, je pense que c’est surtout une question d’humeur, certains matins on a vraiment du mal à sortir de son lit et on se passerait bien d’aller travailler.

Younes T. Chef de projet : «C’est un jour comme les autres».

Pour moi, le lundi est un jour comme les autres. Le stress résulte souvent de l’énormité supposée  de la charge de travail. Je pense qu’il s’agit tout simplement d’un problème psychologique. A moins que je ne sois en baisse de forme, je n’ai aucun mal à me lever le matin pour aller au travail, quel que soit le jour. J’essaie toujours d’être naturel et de m’organiser pour ne pas avoir de mauvaise surprise. Mon principe est de sortir très tôt pour éviter les embouteillages et arriver très sereinement au bureau. Cela me permet de me mettre rapidement dans le bain grâce à l’incontournable revue de la presse. Je considère que tout travail est accompagné de difficultés. Il faut donc relativiser et positiver pour ne pas traîner une réputation d’incompétent.
Parfois, le blues du lundi peut être dû aussi à l’ambiance qui règne au bureau. En cas de tension ou si on a un patron tyrannique, on peut toujours appréhender les retrouvailles après deux ou trois jours de séparation. La gestion de telles situations dépend de la personnalité. Si on a du mal à crever l’abcès, la crainte des conflits ouverts ne se limitera pas seulement au lundi.

Yacine E. Directeur promotion d’un site marchand : «L’idéal est de profiter de son dimanche pour démarrer de bon pied la semaine».

Le lundi me rappelle que le week-end est bel est bien fini et qu’il faut redémarrer une nouvelle semaine. En général, quand j’arrive le lundi matin au travail, je redoute un peu de trouver ma messagerie saturée. Mais pour moi, c’est un jour surtout consacré à la planification  de la semaine tant au niveau professionnel que privé. On s’organise pour ses rendez-vous, ses réunions, on programme les éventuels achats personnels, etc. Mais, étrangement, le lundi ressemble un peu à un quitte ou double. Soit je démarre bien et la semaine suit la même tendance. Soit c’est le désastre toute la journée qui se prolonge parfois tout le reste de la semaine. C’est un peu comme certains jours ou dès le réveil, on renverse son café, il fait mauvais temps, il n’y a pas de taxi pour arriver à l’heure.
La meilleure chose pour avoir un lundi agréable est de ne rien faire le dimanche et de se coucher tôt en regardant un bon film. Car si on sort et qu’on rentre tard, la fatigue accumulée se répercute sur la semaine. Dès lors, on ne se sent pas trop d’attaque en début de semaine.

Redouane C. Directeur d’un portail Internet : «La flexibilité du temps de travail permet de surmonter la hantise du lundi».

Je suis plutôt plus productif le soir. Et comme je gère un site internet d’informations générales, j’ai du mal à décrocher, même le dimanche. Si je ne me sens pas en forme pour aller au bureau le lundi, je reste tout simplement à la maison, du fait que je peux travailler à distance. Mes deux collaborateurs en font autant. Il suffit juste que tout le monde soit informé par mail d’une absence. C’est tout l’avantage qu’offrent les nouvelles technologies de l’information. Le plus important est que chacun respecte ses engagements. Pour ceux qui le peuvent, la flexibilité du temps de travail est le meilleur moyen pour surmonter cette hantise du lundi qui, je l’avoue, me gagnait dès le dimanche après midi, quand j’étais salarié.

Mounir F. Enseignant dans un institut privé : «Je ne dispense plus de cours les lundis matin».

Oui, je n’aimais pas le lundi matin. Ce n’est pas parce que j’avais du mal à assurer, mais plutôt parce que les étudiants ont du mal à suivre : certains par manque de volonté, d’autres par mimétisme. De plus, la première heure est souvent perturbée par les retardataires. Ce qui me rendait très nerveux. J’ai donc tout fait cette année pour ne plus dispenser de cours pendant la matinée du lundi que je consacre aux préparations, après un footing et un petit-déjeuner pris sans précipitation. Quand on fait un travail indépendant, je pense que la meilleure solution pour éviter la mauvaise humeur des autres est de commencer sa journée en milieu de matinée. Je trouve que tout est plus simple après.

Julien D. Consultant : «L’important est  d’avoir un intérêt pour ce qu’on fait».

Je travaille à mi-temps dans un cabinet de consulting, à raison de trois jours par semaine. Ce qui me permet d’avoir du temps libre pour gérer les autres journées.
Généralement, je réserve le lundi au planning des actions de la semaine, à placer mes rendez-vous chez les clients… En parallèle, je suis en train de monter mon entreprise. C’est pourquoi je réserve les week-ends à mes projets personnels. Honnêtement, j’ai du plaisir à démarrer la semaine, même si j’ai travaillé la veille sur certains projets. Je suis généralement concentré sur la journée. L’important est d’avoir un intérêt pour ce qu’on fait et d’y trouver du plaisir.

Hakim B. Responsable des grands comptes : «Un défaut de management est souvent la cause du blues du lundi».

Pour moi, le blues n’est pas uniquement une question d’un début de semaine mais de tous les jours. Parfois je stresse à tort parce que j’ai des exigences élevées vis à vis de moi-même. J’ai tendance à être trop perfectionniste.
Parfois, ce n’est pas seulement le fait d’une surcharge de travail ou de course contre la montre. C’est aussi un défaut de management au sein de l’entreprise. Chez nous par exemple, les réunions hebdomadaires se font tous les lundis à 9 heures.
Il faut déjà que tu sois au bureau avant l’heure pour préparer les documents nécessaires. Le problème est qu’elle déborde souvent parce que le patron aime bien la prolonger. Parfois, il aime bien «descendre» un de ses collaborateurs devant les autres pour montrer l’exemple.
A chaque fois, on se demande entre nous qui fera les frais de la prochaine réunion. C’est ce qui nous stresse en fin de compte le week-end.