Changer de métier, d’employeur, se former…, leurs recettes

Adnane Taleb Responsable RH dans une société industrielle
«Je suis des formations pour postuler à un poste de DRH»

Je pense qu’une période de 5 à 7 ans est suffisante pour revoir son plan de carrière. En tant que cadre dans le domaine des ressources humaines, je me suis donné comme objectif d’atteindre le poste de DRH dans une structure performante. Pour y arriver, je me suis lancé depuis plus d’un an dans une formation supérieure dans le domaine RH, et ce afin d’acquérir de nouvelles compétences. C’est très important parce que la discipline s’est beaucoup enrichie durant ces dernières années. Je pense qu’à travers cette formation, je dois être en mesure d’affronter n’importe quelle situation et accompagner n’importe quelle structure dans ses projets les plus ambitieux.  
La maîtrise des outils informatiques comme les ERP ou les SIRH figure également parmi les projets importants qui me tiennent à cœur. A long terme, je compte m’investir dans la recherche en devenant membre d’un observatoire national des ressources humaines.
Je pense que le fait de viser un objectif ambitieux a malheureusement des implications sur la vie privée.

Khalid Zaher Comptable
«J’ai choisi de me reconvertir dans l’informatique et le multimédia pour évoluer”

J’exerce le métier de comptable depuis plus de 5 ans. Malheureusement, l’évolution de carrière y est très restreinte : comptable ou même chef comptable cela ne va pas loin et les profils sont nombreux sur le marché. Maintenant, j’envisage de travailler dans le développement internet et multimédia, en tant qu’intégrateur.
Pour réussir ce virage, je suis une formation intensive. Avec ces nouveaux acquis, je dois être capable de maîtriser les concepts de base d’un réseau informatique, installer et administrer un environnement réseau, créer et maintenir et animer un site web, développer des applications…
Etre à la pointe des technologies, rester au courant des évolutions techniques et achever ma formation par des diplômes spécialisés dans l’internet et le multimédia, voilà les objectifs que je me suis fixés. Je pense que ma forte volonté, ma motivation et ma passion pour ce domaine m’aideront à atteindre l’objectif.

Amina Benali Contrôleur de gestion
«Le seul levier sur lequel il faut miser c’est la formation»

Malheureusement, les entreprises marocaines ne tiennent pas en compte la gestion de carrière de leurs employés. C’est pourquoi beaucoup de cadres se prennent en charge. Pour moi, la formation reste l’un des éléments essentiels pour booster sa carrière. C’est un expert en ressources humaines qui m’a ouvert les yeux sur son importance. J’ai suivi son conseil et ça paie. D’ailleurs, les recruteurs insistent énormément sur ce point.  Toutes les formations que j’ai entreprises ont été bénéfiques. Elles m’ont servi autant sur le plan personnel que professionnel. Sur le plan de la fiscalité, par exemple, il faut se mettre constamment à niveau pour faire face aux changements. En plus de l’amélioration de mon CV, la formation est aussi un besoin qui s’exprime à chaque fois, je me lance sur un nouveau projet. Je trouve qu’elle est indispensable, surtout quand on veut prendre son destin en main. A défaut d’obtenir une promotion interne, je peux toujours tenter ma chance dans une autre entreprise.

Amine S. Créatif dans une agence de communication
«Je compte travailler dans une petite entreprise pour m’épanouir»

Je travaille dans un milieu assez difficile où la concurrence interne entre collègues est parfois plus rude que la concurrence entre les entreprises.
 En tant que créatif depuis une douzaine d’années, je pense avoir suffisamment de connaissances pour postuler à un poste de directeur artistique d’autant plus que j’ai élargi mes compétences dans le domaine du multimédia devenu incontournable aujourd’hui. Cependant, mon employeur préfère en chercher à l’étranger. Certes, je gagne très bien ma vie, mais mes ambitions vont au-delà de l’aspect financier. C’est pourquoi je suis en train de négocier avec un petit cabinet pour trouver le poste que je désire. Mes prétentions sont certes revues à la baisse, mais je pense pouvoir m’y épanouir.
Avec mes compétences, je n’ai pas peur de franchir le pas. En cas d’échec, je pourrai toujours bien gagner ma vie, quitte à travailler en freelance.

Mohamed Azmi Chef de projet informatique
«Passer aux ressources  humaines sans oublier  mon domaine de prédilection»

On ne peut pas rester informaticien toute sa vie. Travailler tout le temps sur un ordinateur, sur des applications ou programmes informatiques finit par lasser. J’ai envie de changer de créneau sans pour autant délaisser l’informatique. Je m’intéresse actuellement aux métiers des ressources humaines. L’idéal est d’apprendre les rudiments afin de mieux concevoir des solutions RH. Au lieu de faire appel constamment à un consultant pour apprendre comment mettre en place un système de gestion prévisionnelle des emplois et compétences (Gepc) autant le faire soi-même du moment que vous connaissez concrètement les besoins et les attentes du personnel.
Pour cela, je me donne une période de cinq ans  pour canaliser mon savoir-faire dans le domaine RH pour m’y consacrer plus amplement  plutôt que de travailler sur des solutions informatiques.

Mounir S. Banquier
«Il faut un bon réseau pour progresser rapidement»

Je travaille dans une banque depuis maintenant huit ans. J’ai été recruté après un MBA obtenu dans une université canadienne. J’avais beaucoup d’offres, mais j’ai préféré rejoindre mon employeur actuel en raison des possibilités de promotion plus rapide qu’on m’avait fait miroiter. En effet, beaucoup de hauts cadres sont relativement âgés et ne tarderont pas à faire valoir leurs droits à la retraite. En principe, je dois profiter du rajeunissement de l’encadrement.
Mon ambition est de gérer une grande direction. Au départ, j’ai eu des doutes sur la volonté de mon ancien supérieur hiérarchique de me faciliter la tâche. J’ai dû protester auprès de la direction générale pour pouvoir changer de service.
Pour le moment, j’ai de l’espoir parce que je gère un service important. Mais j’ai compris que, malgré ses compétences, il faut toujours avoir un bon réseau pour avancer rapidement dans nos banques.
Je vois que des gens qui ont été recrutés après moi sont mieux lotis parce qu’ils bénéficient d’un appui extérieur. Je ne désespère pas pour autant parce  que je n’ai que 35 ans et j’ai pu montrer mon savoir-faire à mes patrons.

Reda Chaoui Responsable marketing  dans une multinationale
« Il faut bien choisir sa nouvelle fonction avant de se lancer »

Pour un jeune cadre, le vrai choix de carrière se fait après un premier contact avec le monde du travail. Mon expérience dans le conseil en RH et en organisation m’a permis de toucher à un domaine très intéressant, mais qui ne correspondait pas parfaitement à ce que je voulais. J’ai donc décidé de changer de cap et revenir à mes premières amours : le marketing. Je peux dire que je m’en sors bien. Pour bien gérer le virage, je me suis préparé, en étudiant les possibilités offertes, les avantages et les limites de chaque choix. Ceci dit, ma première expérience m’a beaucoup aidé à m’intégrer rapidement parmi la nouvelle équipe, et le fait d’avoir pris ma décision avec beaucoup de recul et en étudiant les tenants et aboutissants de mon choix fait que le changement correspond parfaitement à mes attentes.