Ce que recherchent les DRH

Mohammed Benouarrek, DRH dans une multinationale
«Il faut faire preuve de pragmatisme dans le choix de sa future filière»

En général, on peut dire que nous avons de bonnes grandes écoles au Maroc, capables de former une élite intellectuelle et professionnelle. Certes, des ajustements s’imposent afin d’accompagner le changement au niveau des exigences et des mutations du marché professionnel. Personnellement, je ne fais pas de discrimination entre écoles marocaines et étrangères. Le plus important reste le lauréat lui-même comme «produit» et sa capacité à s’intégrer dans le monde professionnel avec un état d’esprit entrepreneurial.
De nos jours, ce qui compte partout dans le monde, c’est l’accréditation du marché de l’emploi plus que tout autre variable. Le diplôme reste un ticket d’accès pour un entretien avec les responsables de l’entreprise.  La différence réside dans la capacité du lauréat à mobiliser ses compétences d’une manière intelligente. Mais, en général, on cherche des têtes bien faites et non pas seulement bien pleines. D’un autre côté, je pense que deux axes importants sont à retenir lors du choix des écoles par les jeunes bacheliers. Le premier mot d’ordre c’est «pouvoir».  Il correspond aux prédispositions naturelles pour telle ou telle branche ou section.  A cet effet, les notes et les appréciations académiques restent des indicateurs assez fiables.
Le deuxième c’est «vouloir».  Est-ce qu’ils trouvent un plaisir et un intérêt intrinsèque pour telle ou telle branche ou section ?  
En gros, il est vital de combiner entre l’intérêt et la capacité afin de réussir dans son choix professionnel.  Aussi faut-il rappeler aux bacheliers qu’il y a une dynamique au niveau du marché de l’emploi et une évolution des besoins de ce dernier. Ce qui est un métier très demandé aujourd’hui risque de ne pas l’être forcément demain et vice-versa. Il faut également faire preuve de réalisme dans le choix du métier et du secteur d’activité car l’école n’est qu’une passerelle. Le choix doit être pragmatique et fondé sur les opportunités qu’offre le marché. Par ailleurs, il y a lieu de noter que le diplôme n’est pas forcément synonyme d’un métier, c’est une distinction à noter avant de s’engager dans telles ou telles études. Et enfin, il faut se mettre en tête que réussir un diplôme n’est pas synonyme de réussir une carrière. Cette dernière nécessite un choix d’études et d’école approprié en fonction de ses propres forces et faiblesses, opportunités et contraintes.  La chance est le fait du hasard, certes, mais parfois il faut savoir la créer…

Luce Rosalba, DRH de Mercure.com
«Les lauréats des écoles publiques marocaines sont bons»

Généralement, les profils des écoles publiques marocaines sont bons. La seule plus-value des candidats venant de l’étranger se résume à l’aspect comportemental et relationnel. Chaque année, nous recrutons des candidats de divers horizons, aussi bien des informaticiens, des ingénieurs systèmes, des commerciaux, des comptables… Par exemple, les lauréats des écoles nationales de commerce et de gestion (ENCG) et ceux de l’Institut supérieur de commerce et d’administration des entreprises (Iscae) sont bien cotés actuellement.
Certes, la renommée d’une école y est pour quelque chose, mais il y a aussi des individualités. Il nous arrive parfois de faire des erreurs de casting concernant ces profils, mais c’est relativement rare. L’important est que le candidat présente un potentiel avéré.
Concernant les salaires, il est clair que les candidats des écoles étrangères sont mieux lotis que les nationaux. Mais les écarts peuvent être réduits au bout d’un an si les candidats nationaux arrivent à percer en entreprise.