Augmentations de salaires : Avis de Essaid Bellal, Dg du cabinet Diorh

C’est l’individualisme qui prime, les entreprises offrent de plus en plus de bonus de performance

L’année 2014 a été véritablement mitigée, les entreprises n’ont opéré que des augmentations d’ancienneté ou de promotion. Même à ce niveau, les augmentations ont été symboliques en ne dépassant guère les 3%. Du coup, cette année ne peut être que positive par rapport à 2014. D’un autre côté, les augmentations peuvent cacher certains vices. Trop souvent, elles ne concernent pas tout le monde dans l’entreprise parce que le management de cette dernière croit à tort ou à raison qu’on peut fidéliser quelques-uns au détriment d’autres.

Par ailleurs, le marché montre qu’il sourit toujours aux mêmes, à savoir les postes de cadres dirigeants qui échappent aux effets de la crise, notamment les directeurs d’organisation, les directeurs commerciaux, DRH… On estime que leur apport est important et il faut également l’avouer, les managers, capables de mener des projets complexes avec tout le savoir-être nécessaire pour mobiliser les équipes, sont très rares. Du coup, quand l’entreprise arrive à attirer un bon gabarit, elle met le paquet.

Au niveau des salaires à l’embauche, là aussi pas de grande révolution.Naturellement, les lauréats des écoles d’ingénierie et de commerce étrangères (HEC Paris, Polytechnique, Centrale Paris, Ponts et Chaussées et autres) caracolent en tête du classement des meilleures rémunérations annuelles brutes à l’embauche. Ainsi, les lauréats de ces écoles peuvent prétendre à 20 000 DH nets. Ils sont talonnés par les écoles de province avec des salaires avoisinant les 15 000 DH nets ou encore les lauréats d’écoles marocaines type EHTP (Ecole Hassania des travaux publics) ou EMI (Ecole Mohammadia des ingénieurs). C’est la raison pour laquelle, à de rares exceptions près, les jeunes diplômés des universités issus de cursus assez généralistes ne font pas le poids face à ceux des grandes écoles de commerce ou d’ingénieurs dont le salaire peut dans le cas extrême ne pas dépasser les 6 000 DH.

Mais, globalement, on peut constater que ces dernières années, c’est l’individualisme qui prime. De plus en plus, les entreprises offrent des bonus de performance aux collaborateurs. Il ne peut y avoir de salaires équivalents pour un même poste que si on ne peut mesurer ni le comportement de la personne ni sa performance, ni aucun élément permettant de différencier son travail. Or, il y a toujours des éléments qui donnent la possibilité de différencier, de reconnaître la contribution de chacun. Parfois on différencie en fonction de l’ancienneté, ou bien en fonction des diplômes ou autres critères. Aujourd’hui, on différencie davantage en fonction du résultat ou du comportement de nature à développer les compétences.