«Nous avons beaucoup de techniciens et peu de créatifs»

Younes Mouhib : Globalement, les évolutions que connaissent les métiers de la communication trouvent aujourd’hui leurs sources dans trois facteurs.

La Vie éco : Comment évoluent les métiers de la communication ?
Younes Mouhib : Globalement, les évolutions que connaissent les métiers de la communication trouvent aujourd’hui leurs sources dans trois facteurs. Tout d’abord le besoin de l’entreprise de communiquer avec son environnement global, d’où le développement des fonctions liées aux relations publiques, à l’événementiel et à la gestion de la relation presse. La deuxième source est liée aux développements que connaît le recours croissant au marketing direct et à la gestion de la relation client, («client relation management» ou CRM ). La communication est ainsi et de plus en plus une affaire de proximité avec le consommateur. La troisième source est l’essor que connaît et que connaîtra ce nouveau média qu’est l’internet, comme nouvel espace de communication et d’expression. Pour étoffer et optimiser sa communication, chaque entreprise se donne aujourd’hui comme objectif d’assurer une existence et une présence dans ce nouveau média.
Un nouveau marché s’est ainsi développé, celui des offres liées au net : sites web, boutiques en ligne, SAV en ligne, etc.

Quels profils se sont développés ces dernières années?
Que ce soit en agence ou chez l’annonceur, et comme suite logique de ce que nous avons énoncé plus haut, les métiers en développement sont les métiers liés aux relations publiques, à l’événementiel, à la gestion de la relation presse, à la gestion de la relation client et à la gestion de la communication sur ce nouveau média qu’est l’internet. De nouveaux métiers sont ainsi apparus, tels le Web designer ou le concepteur multimédia.
Un accroissement de la demande sur certains profils tels que les infographistes, qu’elle soit liée ou non à l’internet, a également été constaté.

Trouve-t-on facilement des professionnels de la communication sur le marché ?
Dans le marché de la communication, s’il y a un constat à faire ces dernières années, c’est celui de l’explosion de ce marché avec, pourtant, un recul, et c’est ce que nous déplorons, de la créativité. En somme, la productivité l’a emporté sur la qualité.
Un autre constat qui résume cette situation, c’est que nous avons beaucoup de techniciens et peu de créatifs. Donc les profils qui manquent cruellement à ce marché, ce sont les bons créatifs, ceux qui sont capables de créer des actions ou des campagnes qui nous marquent et desquelles on peut se souvenir le plus longtemps possible.
Pour les autres profils liés aux métiers de la communication il n’y a pas de problèmes particuliers pour les dénicher.
Il existe aujourd’hui de bonnes formations aux métiers de la communication, et qui sont l’œuvre du secteur privé comme du secteur public. Cependant, je crois encore une fois que ces établissements forment de bons techniciens, ce qui relègue la créativité au second plan. Il faut notamment la développer chez l’étudiant à travers des méthodes pédagogiques appropriées.
Youness mouhib,
DG de Positif conseil