Amine Laaouidi : «L’arrivée d’un nouveau boss suscite beaucoup plus d’interrogations que de craintes»

Amine Laaouidi, DRH dans une multinationale

J’ai eu affaire à un changement de patron dans un contexte difficile. Il y avait une opposition de style entre le partant qui se distinguait par son style participatif et l’arrivant qui avait un style directif. Le premier privilégiait la délégation, le deuxième privilégiait le contrôle. D’ailleurs, toute l’équipe du département a pu constater la différence de style dans l’attribution des tâches, la tenue des réunions, les supports de travail…  

Pour moi, l’arrivée du nouveau boss ne suscitait pas des craintes mais plutôt des questionnements, notamment sur son mode de fonctionnement, sur l’organisation des tâches, sur les objectifs stratégiques de l’entité. Allait-il apprécier mon travail, faire preuve d’autant de compréhension face à des défis, s’enfermer dans son bureau et prendre ses décisions tout seul sans vous consulter, choisir des favoris ?… Beaucoup de questions qui vous taraudent l’esprit. C’est pourquoi les premiers contacts sont, pour lui, essentiels. Il doit identifier ce qui est bon dans l’organisation pour rectifier le tir en cas de dysfonctionnement. Un rapport de force dès le départ ne fera que compliquer sa mission.

Une nouvelle arrivée suppose un nouveau rythme de travail. C’est l’occasion pour explorer une nouvelle façon de travailler, profiter de l’expérience du nouveau manager. Par conséquent, il est important de ne surtout pas être réticent au changement.
Ce qui compte c’est de laisser le manager arriver et s’installer dans son nouveau rôle, mais il ne faut pas tarder à se faire connaître et à observer son mode de fonctionnement pour mieux établir une collaboration durable. Il ne faut pas oublier que lui aussi va chercher des appuis dans sa nouvelle équipe. Il a autant besoin de l’équipe que l’équipe a besoin de lui.

On peut donc profiter de l’occasion pour clarifier certains objectifs et en redéfinir de nouveaux. Dans mon cas, j’ai cherché à clarifier les orientations stratégiques de l’entreprise, mais aussi mon rôle en tant que responsable de certaines activités.
L’autre principe à garder en tête, c’est de rester proactif, participatif tout en gardant l’esprit critique. Personne ne vous demande d’en faire trop ou de chercher à avoir les faveurs du nouveau patron. Ce dernier apprécierait certainement que ses collaborateurs donnent leur point de vue, pourvu qu’ils soient autonomes et responsables.