Ali Serhani : «Les business games présentent plusieurs avantages pour les entreprises comme celui d’asseoir leur notoriété»

Ali Serhani, Consultant associé, Gesper services.

Les business games seraient-ils l’avenir de l’entretien d’embauche ? Je ne le pense pas. Malgré l’engouement, on en est encore loin. Néanmoins, ils présentent plusieurs avantages pour les entreprises. Celles-ci en profitent d’abord pour asseoir leur notoriété, que ce soit sur le plan local ou international. C’est aussi un outil de communication sur les métiers de l’entreprise. Je sais par exemple que dans le domaine de la finance, certains groupes essayent, à travers ces business games, de faire découvrir leurs métiers. C’est aussi une manière d’évaluer les candidats sur ces métiers et voir s’ils leur correspondent.

Mais au Maroc, il ne faut pas se leurrer, ces jeux d’entreprise sont le fait des multinationales qui embauchent à l’échelle internationale. Rares sont les entreprises locales qui associent ces événements à des possibilités réelles de recrutement. Trop risqué de faire dépendre l’intégration d’un candidat de sa seule performance dans une compétition, même axée sur des tâches professionnelles. J’imagine mal une entreprise recourir à cette démarche pour recruter un profil expérimenté, un cadre dirigeant ou un profil pointu. C’est avant tout pour les jeunes. Par contre, les business games fournissent aux entreprises un large vivier de talents, dans lequel elles peuvent piocher.

D’un autre côté, je suis contre les recrutements éclair du genre speed dating. Les quelques opérations effectuées au Maroc ont été un ratage car, il faut se le dire, ce genre de démarche n’est pas adapté à notre culture. Certains avaient pointé les erreurs d’évaluation survenues au cours de l’opération, les quelques minutes accordées en entretien étaient également jugées très insuffisantes.
Le recrutement a ses règles. C’est une opération délicate où les erreurs peuvent se payer cash. Certaines entreprises ne disposent pas de cellule de recrutement ou encore dans certaines, les DRH n’ont pas le temps de conduire professionnellement des entretiens de recrutement.

Généralement, lorsque les besoins en recrutement de l’entreprise sont assez importants, quand les profils sont assez pointus, ou encore lorsque l’entreprise n’est pas bien outillée pour faire ce genre de choix, évaluer les potentiels et maîtriser les entretiens demandent un recul nécessaire.
Certaines grandes entreprises n’hésitent pas à déléguer une partie des recrutements, notamment en ce qui concerne les tests psychotechniques et les évaluations.