Aéronautique : l’offre de formation s’étoffe mais beaucoup reste à faire

Le secteur a besoin d’une multitude de profils, notamment des ingénieurs, des cadres du middle management, des opérateurs et surtout des techniciens supérieurs. L’objectif est aussi d’être actif dans la recherche & développement.

Comme beaucoup de secteurs émergents au Maroc, l’aéronautique est peu connu par le grand public. Pourtant, l’industrie aéronautique compte près de 130 entreprises implantées, génère un chiffre d’affaires de près d’un milliard de dollar à l’exportation, affiche une croissance annuelle de 15% et emploie 10 000 personnes. Pouvoirs publics et professionnels ont pour objectif de former, d’ici 2020, près de 23 000 jeunes à des métiers de ce secteur de pointe qui induit d’autres activités telles les maîtres d’œuvre et concepteurs de systèmes (avionneurs, constructeurs de satellites, concepteurs de systèmes électroniques embarqués…), les motoristes (concepteurs de systèmes de propulsion), mais aussi les équipementiers. Pour beaucoup de spécialistes, l’ambition du Maroc est non pas de se contenter de la partie production, mais d’être actif dans la recherche et développement.

Les débouchés sont diverses

«Aujourd’hui, l’essentiel des besoins en compétences tourne autour des profils de techniciens et opérateurs, le middle management et dans une moindre mesure les profils d’ingénieur», estime Hamid Benbrahim El Andaloussi, président du Groupement des industries aéronautiques et spatial (Gimas) et également président de l’Institut des métiers de l’aéronautique (IMA) ouvert en 2011. Avec l’Institut spécialisé des métiers de l’aéronautique et de la logistique aéroportuaire (Ismala) et  l’Académie Internationale Mohammed VI de l’aviation civile, tous situés dans l’aéropole de Nouaceur, il s’est constitué un solide dispositif de formation et de mise à niveau des compétences locales. Qu’elle soit publique ou privée ou dans le cadre d’un partenariat public/privé, l’offre de formation est en train de s’étoffer en fonction des attentes du marché. Par exemple, l’Université internationale de Rabat (UIR) a été l’une des premières écoles supérieures privées à lancer le master en ingénierie aérospatiale, une formation en cinq ans qui offre comme débouchés les bureaux d’études, l’assurance qualité, l’ingénierie, l’exploitation de flottes, la veille technologique, la gestion du trafic aérien… D’autres établissements moins bien connus comme AéroSup (Casablanca) se sont lancés dans l’aventure, il y a cinq ans. Compte tenu de l’ambition du Maroc dans le domaine aéronautique, il est clair qu’il y a encore de la place pour davantage d’écoles privées. Seulement, il faudra que l’Etat soit vigilant sur la qualité des enseignements.