Abdelkrim Sekkak : «Il faut offrir aux jeunes un espace d’épanouissement tant sur le plan intellectuel qu’émotionnel»

Abdelkrim Sekkak : Directeur des Ressources humaines au sein d’une multinationale et coach. 

Pour moi un jeune talent est synonyme de vivacité et de sang neuf. S’il est bien développé, il représente tout simplement l’avenir de l’entreprise. Toutefois, je fais un clin d’œil aux seniors : je ne peux m’empêcher de citer un adage marocain qui dit que «le jeune amène du nouveau et l’ancien ne le met pas de côté».

Cela signifie que le monde de l’entreprise est constitué de jeunes et de moins jeunes et que nous avons besoin des deux, encore faut-il s’en rendre compte et le reconnaître. De mon point de vue, les seniors ont la maturité et l’expérience, ce sont «les piliers». Les jeunes sont la vivacité, le dynamisme. La synergie des deux mettra l’entreprise en mouvement vers le succès.  

Pour ce qui est de l’adaptation, tout dépend des entreprises. En effet, réussiront l’adaptation celles qui sélectionnent d’une manière appropriée les jeunes qui ont une préférence pour les valeurs, la culture d’entreprise ainsi que le mode de management en place. Ensuite, le processus d’intégration des jeunes est nécessaire pour faire en sorte qu’ils traversent les premiers jours sans embûches et dans les meilleures conditions. L’entreprise gagnerait aussi si elle offre l’espace adéquat d’épanouissement tant sur le plan intellectuel qu’émotionnel dans le but de faciliter l’adaptation.  

Dans certains cas, il y a des conflits de générations liés à la différence d’âge. Mais la culture d’entreprise, les valeurs et les standards de travail sont des éléments qui devraient réduire cet écart. Par exemple, une entreprise qui prône la diversité a des mécanismes pour sensibiliser son personnel et faire en sorte que les différences (y compris d’âge) soient une richesse.

Dans un autre volet, si l’entreprise a des standards de gestion, les employés, jeunes et moins jeunes, adoptent grâce à cela le même langage et parlent d’objectifs communs tels que la performance, la compétitivité, la pérennité. Enfin cela laisse très peu de place à la mésentente et l’incompréhension. Les valeurs, quant à elles, si elles sont respectées et partagées, poussent au respect mutuel des antagonistes et aboutissent à une excellente cohabitation.

Par exemple, je ne rencontre pas particulièrement des problèmes avec les jeunes. Ceci dit, je tiens à donner quelques conseils sur ce sujet. Actuellement, nous parlons beaucoup de la génération Y qui arrive en masse dans le monde professionnel. Pour la définir brièvement, ce sont les jeunes nés dans les années 80 à 90. Comme chaque génération, X (avant les années 80) et Z (après les années 90), cette génération Y a ses caractéristiques propres de savoir, savoir-faire et savoir-être qui parfois nous effraient, car nous n’y sommes pas préparés. Surtout que ces caractéristiques ne correspondent pas à notre modèle de génération et d’éducation. Mon conseil sera de les observer pour les comprendre et leur permettre de s’épanouir dans ce qu’ils savent faire, ce qui nous amène à développer de nouvelles compétences managériales.

En restant directif, le manager ne pourra qu’attiser leur ennui, impatience et donc conduire à des résultats moyens (voire médiocres). Il court même le risque de les mettre mal à l’aise, voire partir en cours de route…