A quoi doit ressembler un bon manager dans la fonction publique

Les enjeux de compétitivité, de performance et de qualité obligent l’administration publique à repenser le métier de haut fonctionnaire. Le statut de «fonctionnaire» tel qu’il est compris laisse peu à peu place à la notion de manager.

Le statut du fonctionnaire a toujours été lié aux notions de bureaucratie, travail routinier, déficit de productivité…. C’était donc tout à fait normal que les jeunes diplômés et les managers chevronnés fuyaient l’administration.

Or, on voit qu’elle connaît de grands changements depuis dix ans, même si un long chemin reste à faire.
De plus en plus, on assiste à la nomination de jeunes technocrates à la tête des différents services et départements ministériels ou dans de grandes entreprises publiques. En effet, les enjeux de compétitivité, de performance et de qualité, conjugués à une remise en cause interne, obligent le public à changer de stratégie en recrutant de nouvelles compétences diplômées de grandes écoles nationales ou étrangères.

Efficience, performance et innovation

C’est parce qu’aussi les exigences de compétitivité et de performance sont les mêmes dans tous les secteurs et que les ressources humaines doivent suivre. D’un autre côté, les responsables semblent conscients de la nécessité de réconcilier le citoyen avec l’administration, de répondre aux enjeux de la proximité et de s’adapter au chantier de la régionalisation avancée.

Bref, l’administration est amenée à changer constamment et à être dans le rythme des transformations que connaît l’environnement économique et social.

De ce fait, l’efficience, la performance ou encore l’innovation sont plus que jamais les mots d’ordre pour les fonctionnaires de demain.

Du coup, la notion de «fonctionnaire», terme très souvent utilisé de manière péjorative pour stigmatiser le déficit de productivité que l’on prête au public, laisse peu à peu place à la notion de manager.

Aujourd’hui, on attend aussi du manager public comme du manager privé des résultats tangibles. Cependant, pour le premier, tout n’est pas aussi simple, d’autant qu’il est très difficile de définir des critères mesurables.

L’une des rares écoles à former les fonctionnaires, l’Ecole nationale supérieure de l’administration (ENSA), a compris que pour passer ce cap, il faut repenser la formation des hauts fonctionnaires autrement.

Pour Rachid Melliani, directeur de l’école, «le fonctionnaire de demain doit être formé à la gestion de la complexité. Il doit être capable d’accompagner les transformations et de réinventer les nouveaux modèles de l’administration et de l’action publique». Reste que l’administration publique doit encore montrer davantage de volonté de changement pour maintenir la tendance. Et s’il y a un levier qu’elle doit activer pour y arriver, c’est bien celui des ressources humaines.