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Logement universitaire : Le taux de satisfaction de la demande inférieur à 50%
Le besoin est énorme. Pour y répondre, la stratégie étatique a pour objectif l’extension de l’offre existante et la création de nouvelles résidences afin de couvrir toutes les régions du pays. Les projets en cours comptent 17.568 lits dans le public et 5.415 dans les résidences privées.
Trouver un logement pour étudiant est un véritable casse-tête. Pas de disponibilité, trop loin de l’établissement universitaire, trop cher… Un calvaire pour les étudiants et leurs familles qui parfois recourent à des solutions alternatives, comme loger temporairement chez des proches ou, lorsqu’ils en ont la capacité financière, loger dans un hôtel.
Pour faire face à la demande croissante et mettre fin à ce que plusieurs étudiants estiment être un véritable calvaire, les pouvoirs publics et le secteur privé investissent régulièrement, durant ces dernières années, afin d’améliorer l’offre qui est estimée à 105.000 logements à l’échelle nationale. Actuellement, selon l’Office national des œuvres universitaires, sociales et culturelles (ONOUSC), organisme placé sous la tutelle du département de l’Enseignement supérieur, en charge de ce secteur, on compte dans le public 27 cités universitaires qui offrent une capacité totale de 60.118 lits. Soit 34 internats au sein des établissements d’enseignement supérieur publics, disposant de 17.900 lits et 19 Dours Talaba, gérés par l’INDH, et fournissant 4.100 lits. Dans le secteur privé, huit résidences privées, en partenariat avec l’ONOUSC, comptent 6.401 lits, et 19 autres résidences privées totalisent 15.700 lits. Pour renforcer cette offre et assurer une couverture nationale, un programme de construction des cités et résidences universitaires a été mis en place, il y a deux années maintenant, incluant des partenariats avec le secteur privé. Un partenariat qui a déjà permis de construire, explique Samir Fatajou, directeur de l’Office national des œuvres universitaires, sociales et culturelles, «huit résidences universitaires privées qui sont en fonctionnement grâce à des conventions de partenariat public-privé, offrant une capacité totale de 6.401 lits. De plus, dix projets de partenariat sont en cours de construction».
Par ailleurs, l’ONOUSC envisage de signer dix-huit conventions de partenariat avec le secteur privé pour la construction de résidences universitaires, chacune ayant une capacité moyenne de 600 lits. L’objectif est de conclure entre huit et dix conventions par an avec le secteur privé, à partir de 2025.
À côté de l’offre publique, des acteurs privés investissent dans le logement estudiantin…
L’ONOUSC gère 27 cités universitaires réparties sur 9 régions et 19 villes universitaires au Maroc. Toutefois, l’offre actuelle ne parvient pas encore à répondre pleinement à la demande croissante, le taux de satisfaction des demandes de logement étant inférieur à 50%. Cette situation est due à l’augmentation continue du nombre d’étudiants chaque année.
Durant ces dernières années, encouragés par les exonérations fiscales accordées par l’État, plusieurs opérateurs privés se sont lancés dans cette niche. Entre autres investisseurs, on citera Ynna Holding, à travers la Fondation Miloud Chaabi, qui a réalisé plusieurs projets, dont une cité universitaire de 1.950 lits ouverte en 2005 à Kénitra, une autre de 1.268 lits à Agadir et 12 Dar Talib et Dar Taliba à Essaouira, Bejaâd, Mohammédia et Ksar El-Kébir. La Fondation a aussi à son actif des résidences à Essaouira, Agadir et Tanger. Autre opérateur, le groupe CDG, par le biais de sa filiale Dyar Al Madina, a construit également des résidences sous le nom «Bayt Al Maarifa» aussi bien à Rabat qu’à Casablanca, El-Jadida et Meknès. La Fondation Cheikh Khalifa Ibn Zaid Maroc, de son côté, a construit à Casablanca des résidences universitaires sur le boulevard Ziraoui et à Casa Anfa. Ces projets ont été construits dans le cadre d’une convention tripartite conclue entre le porteur du projet, le ministère de l’Enseignement supérieur et celui de l’Économie et des finances pour une durée de 40 ans, renouvelable à la demande de l’une des parties. L’enseignement supérieur intervient via l’ONOUSC dont l’une des missions consiste à accompagner l’acteur privé pour la facilitation des procédures administratives (autorisations nécessaires et autres obligations légales). Cet organisme est également chargé du suivi de la réalisation du projet de résidence estudiantine, du suivi de l’exploitation de celle-ci et de la vérification régulière du respect par le partenaire de ses engagements.
Selon Samir Fatajou, «la construction d’une cité universitaire type, avec une capacité d’accueil de 1.500 lits et incluant des services annexes, tels qu’un restaurant, une bibliothèque, un centre médical, ainsi que des espaces culturels et sportifs, nécessite un budget avoisinant les 100 millions de dirhams». Ce montant ne prend pas en compte, poursuit le directeur de l’ONOUSC, l’équipement et l’acquisition du terrain, qui est généralement fourni dans le cadre d’une convention avec le ministère de tutelle ou les autorités locales, mettant celui-ci à la disposition de l’Office pour la réalisation du projet.
De 40 dirhams dans le public à 5.000 dirhams/mois dans le privé
Trouver un logement pour étudiant n’est pas toujours facile, surtout dans les grandes villes universitaires. Il existe, pour ceux qui ne peuvent être logés par les Cités universitaires, des possibilités d’hébergement dans le secteur privé, grâce au partenariat entre les pouvoirs publics et les promoteurs privés. Toutefois, il faut en avoir les moyens. Si dans les cités universitaires, le loyer est de 40 dirhams le mois pour une chambre de deux à trois lits, dans les résidences privées, les étudiants ont le choix entre des chambres singles, doubles ou pour personnes à mobilité réduite, toutes développées sur une superficie de 20 m². Les studios, quant à eux, ont une superficie de 50 m². Toutes les pièces sont entièrement meublées et offrent des fonctionnalités et des services adaptés afin d’en faire un espace de vie idéal pour les jeunes étudiants.
Le loyer est compris entre 1.700 dirhams pour une chambre simple et 1.200 à 2.500 DH/mois pour une chambre double en fonction de l’emplacement de la résidence. Pour un studio au sein de la résidence, il faudra tabler sur 5.000 DH. Il est à préciser que ce loyer comprend, par ailleurs, la consommation d’eau et d’électricité généralement limitée à un plafond. Si celui-ci est dépassé, l’étudiant paie le différentiel.
Dans les campus de certains établissements et écoles supérieurs, le prix des chambres simples ou doubles varie respectivement entre 7.000 et 5.900 dirhams le semestre, alors que pour un studio double, par exemple, il faudra payer 10.000 dirhams le semestre. Autre alternative, certaines familles optent pour la location d’appartements ou de studios dans des résidences privées, un business de niche qui commence à émerger. Ce qui leur coûtera entre 4.500 et 7.000 dirhams en fonction des quartiers. Une demande qui explique l’explosion de l’offre des studios dans certains quartiers de Casablanca à proximité des facultés de médecine et d’autres grandes écoles.
Qui est éligible à un logement universitaire public ?
L’accès aux cités universitaires est réservé uniquement aux étudiants inscrits dans des établissements d’enseignement supérieur publics. En plus de l’attestation d’inscription pour l’année en cours fournie par l’étudiant, sa demande, traitée par l’ONOUSC, doit répondre à plusieurs critères, notamment les revenus annuels des parents ou tuteurs, le nombre de frères et sœurs à charge, l’excellence académique et le niveau d’études.
Toutefois, deux catégories de candidats bénéficient de dispositions particulières et reçoivent un logement immédiatement après avoir soumis les documents justificatifs. Il s’agit en premier lieu des étudiants en situation de handicap, des pupilles de la nation, des
jeunes dont les deux parents sont inconnus et des orphelins ayant perdu les deux parents. Sont également prioritaires les étudiants vivant dans des situations sociales particulières qui reçoivent des points supplémentaires lors du classement de leur demande : les enfants de parents divorcés, les enfants dont l’un des parents est inconnu ou décédé et, enfin, les enfants de résistants ou d’anciens membres de l’armée de libération.

