Au Royaume
La couverture sociale généralisée devient une réalité
Généralisation de la couverture médicale obligatoire et restructuration des caisses de retraites. Ces deux chantiers permettront d’assurer une protection sociale à l’ensemble des Marocains.
La crise sanitaire a été un déclic soulignant la nécessité d’une politique de protection sociale adaptée aux besoins des Marocains. Près de 60% de la population active ne peut aspirer à aucune prise en charge sociale en cas de maladie, de handicap, de perte d’emploi ou de risques du troisième âge. Il faudra également souligner que les dépenses publiques allouées à la protection sociale représentent moins de 5% du PIB.
Soutenir et venir en aide aux populations ayant subi les répercussions sociales de l’épidémie s’est avéré difficile en raison de l’insuffisance des fonds et l’identification et le ciblage des populations nécessiteuses.
Le discours royal de juillet 2020 marque alors le lancement du chantier de la protection sociale. Un programme s’étalant sur cinq années en vue de la généralisation de l’assurance maladie obligatoire.
La loi-cadre 09-21 relative à la protection sociale, adoptée en mars 2021, a fixé les diverses échéances de la généralisation progressive de l’assurance maladie obligatoire (2021- 2022), des allocations familiales (2023-2024) pour la protection de l’enfance et les allocations forfaitaires aux démunis, l’élargissement de la base des adhérents aux régimes de retraites et la généralisation de l’indemnité pour perte d’emploi en 2025. Autant de mesures dont la concrétisation nécessitera une enveloppe annuelle de 51 milliards de dirhams à partir de 2025.
Système de santé sous pression
Cette enveloppe sera ainsi répartie entre la généralisation de l’AMO (14 milliards de dirhams), la généralisation des allocations familiales (19 milliards de dirhams), l’élargissement des bénéficiaires de retraite (17 milliards de dirhams) et la généralisation de l’accès à l’indemnité pour perte d’emploi (1 milliard de dirhams).
Le financement de la généralisation de la protection sociale est assuré, à hauteur de 50%, par un mécanisme de contribution basé principalement sur les cotisations des travailleurs non salariés et aussi à travers la contribution professionnelle unique (CPU) prévue dans la Loi de finances de l’année 2021 et, enfin, via les versements directs.
Les 50% restants seront financés par le budget de l’État, dans le cadre de la couverture solidaire ayant pour objectif d’assurer un accès à la couverture sociale pour les personnes n’ayant pas une capacité contributive via le «Fonds d’appui à la protection sociale et à la cohésion sociale» qui provient de certaines taxes allouées à la solidarité sociale. Par ailleurs, l’arrivée de 22 millions nouveaux assurés implique une forte pression sur le système de santé.
D’où l’urgence d’améliorer les infrastructures, les ressources humaines, la gouvernance et la régulation du système pour une meilleure efficience. La promulgation de la nouvelle loi-cadre 06-22 permet d’encadrer ce chantier.
Sur le terrain, on constate que la réforme du système de la santé se concrétise effectivement, notamment par la création de nouveaux établissements sanitaires et la réhabilitation de centres de proximité existant dans diverses régions du pays. Selon les chiffres officiels, depuis le début de l’année, 232 centres de santé ont été réhabilités en sus des 100 centres de santé ayant été traités à la fin de 2022. L’opération de réhabilitation a englobé jusqu’à présent 332 centres de santé, dans la perspective de porter ce nombre à 1.400 centres.
Ces centres de santé de proximité constituent l’un des fondements de la réforme du système de santé national.
