Influences
Comment vivent les huit milliards de terriens ?
La démographie mondiale évolue rapidement. La planète comptera 10 milliards d’habitants en 2100. Huit pays contribueront pour la moitié à cette croissance de la population. En 2023, la Chine a cédé son premier rang des pays les plus peuplés à l’Inde qui compte 1,428 milliard d’habitants.
Huit milliards d’individus vivent sur terre. C’est ce que révèle le rapport 2023 du Fonds des Nations unies pour la population. Et la population mondiale continuera d’augmenter, puisque le rapport prévoit que l’on sera 9,7 milliards de personnes en 2050 et 10 milliards en 2100. Après ce pic, la tendance commencera à s’inscrire à la baisse à la fin de ce siècle.
Mais les experts démographiques soulignent que la croissance décélère depuis les années 1960. À cette époque, le taux d’accroissement annuel a atteint un maximum de plus de 2% par an, contre 0,9% aujourd’hui. Les Nations unies font donc l’hypothèse que le taux d’accroissement annuel va continuer de décélérer jusqu’à atteindre la croissance zéro dans la décennie 2080. Par ailleurs, il est à noter qu’à l’échelle mondiale, la croissance démographique au cours de cette période sera principalement alimentée par la dynamique de la croissance passée. Car la plupart des personnes qui seront en vie sont déjà nées.
L’actuelle croissance de la population est principalement portée par les pays d’Afrique, où vivra une personne sur trois en 2100. Aujourd’hui, la population mondiale continue d’augmenter, car il y a deux fois plus de naissances que de décès. Toutefois, au-delà de trois décennies, la tendance de la taille de la population mondiale dépendra de plus en plus des changements qui interviendront en matière de mortalité et de fécondité. Selon le rapport du FNUAP, huit pays (l’Égypte, l’Éthiopie, l’Inde, le Nigéria, le Pakistan, les Philippines, la République démocratique du Congo et la République unie de Tanzanie) contribueront à hauteur de 50% à la croissance attendue de la population mondiale d’ici 2050. Ce qui bouleversera le classement mondial des pays les plus peuplés. La Chine, en tête du top 10 des pays les plus peuplés, a été dépassée, selon le rapport 2023, par l’Inde.
Partout, les femmes et les hommes souhaitent avoir moins d’enfants pour leur assurer une vie longue et de qualité. Ainsi, par exemple en Afrique, le taux de fécondité, même s’il baisse aussi, reste encore élevé avec plus de 4 enfants en moyenne par femme, contre 2,3 à l’échelle mondiale.
L’Afrique et l’Asie abritent 76,3% de la population mondiale…
Même s’il est peu probable que les changements en matière de fécondité aient un effet majeur sur les tendances mondiales au cours des 30 prochaines années, l’impact à court terme d’une réduction de la fécondité pourrait être plus important, selon les spécialistes de la question démographique, dans les pays ayant actuellement des taux de fécondité relativement élevés. Dans ces cas, une baisse durable du taux de fécondité ralentirait non seulement la croissance démographique totale à court terme, mais aurait également des conséquences importantes à court terme sur la répartition par âge de la population, en diminuant la proportion d’enfants et en permettant des investissements plus importants par enfant dans les soins de santé, l’éducation et d’autres services essentiels.
Le rapport des Nations unies souligne que la croissance démographique est inégale et se concentre au niveau de quelques pays. Ainsi, dans 46 pays les moins développés du monde, la croissance sera la plus rapide dans la mesure où ils verront leur population se multiplier par deux d’ici à l’horizon 2050. La répartition par continent de la population révèle que 76,3% de la population vit en Afrique et en Asie. Cette proportion atteindrait 78,8% en 2050. L’Afrique subsaharienne, avec 29% de naissances et un taux de fécondité de 4,6 enfants par femme, abrite 15% de la population et le monde arabe a une part de 5,8% qui passerait à 7,1% en 2050.
La lecture de ces récentes statistiques a suscité des interrogations, notamment sommes-nous en surpopulation ? Faut-il d’ores et déjà s’inquiéter d’un effondrement de la population mondiale à long terme ? Pour les experts de la démographie, «on ne doit pas se focaliser sur le rythme auquel les êtres humains se reproduisent, les dirigeants des pays doivent plutôt se demander si les individus, en particulier les femmes, sont libres de faire leurs propres choix en matière de procréation».
Les politiques de fécondité visant à accroître ou à réduire les taux de natalité se sont révélées, selon ces mêmes experts, très souvent inefficaces. Dans les pays qui, au cours des 20 dernières années, ont mis en œuvre des programmes encourageant les couples à fonder des familles plus nombreuses à travers des incitations financières et des récompenses pour les femmes et leurs conjoints, les taux de natalité restent inférieurs à deux enfants par femme.
En outre, les initiatives destinées à ralentir la croissance démographique par la stérilisation forcée et le recours non consenti à la contraception ont entraîné des violations flagrantes des droits fondamentaux. De l’avis des spécialistes en démographie, les gouvernements sont appelés à adopter des politiques centrées sur l’égalité des genres et des droits, notamment des programmes de congé parental, des crédits d’impôt pour les personnes ayant des enfants, des mesures favorisant l’égalité des genres sur le lieu de travail, ainsi que l’accès universel à la santé et aux droits en matière de sexualité et de procréation. Cette approche engendrera des retombées économiques positives et permettra de bâtir des sociétés résilientes, capables de prospérer indépendamment des tendances démographiques.
Les dix pays les plus peuplés du monde…

