Société
Artisanat, la nouvelle vie d’un secteur en plein boom
Le secteur est dans une dynamique de restructuration majeure. Outre les aspects économiques, l’amélioration du quotidien de l’artisan est au cœur de la nouvelle stratégie. Explications.
L’organisation de la 9e édition du Prix national des meilleurs artisans, le 26 septembre à Agadir, de retour après un stand-by qui remonte à 2018, ne pouvait mieux tomber pour s’arrêter sur les acquis engrangés, mais aussi et surtout pour se projeter dans un avenir qui s’annonce prometteur.
À la faveur notamment d’un nouveau tournant qui est en train d’être négocié, grâce à la feuille de route où sont engagés, en tandem, le secrétariat d’État et les Chambres professionnelles.
Des actions au service de l’artisan
En effet, outre les célébrations de l’artisanat et les hommages rendus aux artisans, l’événement a été marqué par la signature d’une quinzaine de conventions, conclues avec plusieurs partenaires institutionnels et privés, à travers lesquelles les artisans vont pouvoir bénéficier d’une panoplie d’offres préférentielles.
Et ce, que ce soit sur le plan professionnel ou encore dans le cadre de leur vie au quotidien.
Dans la foulée, on a pensé, notamment, aux moyens empruntés pour acheminer les produits de l’artisanat dans les meilleures conditions et au moindre coût. Du site de production aux rayons des commerces.
C’est dans ce sens d’ailleurs que s’intègre la signature des conventions entre le Secrétariat d’État et l’ONCF, d’une part, et CTM Messagerie, d’autre part. Respectivement par le truchement d’une offre avantageuse sur le transport des voyageurs, mais aussi pour ce qui concerne l’expédition des colis adossée à des tarifs préférentiels pour les envois liés au commerce électronique.
L’autre bonne nouvelle est relative à la facilitation de l’accès au financement des artisans, induite par la conclusion d’un accord avec le groupe Al Barid Bank qui propose des offres de crédits à des taux avantageux. Une manière d’assurer la continuité dans la capacité de production des artisans, même en temps de disette, mais aussi pour qu’ils puissent développer leur rendement.
Ceci sans oublier une autre convention qui tend à développer davantage les services de proximité permettant aux artisans de bénéficier des avantages préférentiels par Barid Cash pour l’émission des mandats notamment.
Autant en déduire que le quotidien de l’artisan, dans ses diverses facettes, est au cœur de la nouvelle stratégie du Secrétariat d’État. Car en s’occupant de l’artisan, les implications sur le secteur n’en seront que plus bénéfiques.
Au même titre que ces avancées peuvent aussi jouer un rôle crucial dans le développement de l’attractivité du secteur vis-à-vis des générations montantes.
Et, partant, participer à assurer la transmission intergénérationnelle des métiers de l’artisanat, ainsi que la protection de cet inestimable patrimoine culturel marocain. D’ailleurs, ce n’est pas pour rien que le département de tutelle a ouvert l’autre grand chantier relatif à la formation par apprentissage qui a d’ores et déjà séduit des dizaines de milliers de jeunes.
Par ailleurs, en vue de mieux accompagner les artisans, le Secrétariat d’État, en partenariat avec le groupe Al Barid Bank, a procédé, à l’occasion, au lancement de l’opération de distribution de la carte professionnelle de l’artisan, dont plus de 300.000 sont en cours de délivrance, apprend-on auprès du Secrétariat d’État.
Une carte professionnelle, explique-t-on, qui confère à toute personne inscrite au Registre national de l’artisanat le statut de l’artisan et qui lui permet de bénéficier des programmes de soutien et de développement qui lui sont dédiés.
Notamment, en lui facilitant l’accès aux services publics, tels que la protection sociale, les aides publiques, mais aussi de bénéficier des programmes d’appui, de formation et de perfectionnement, ainsi que la participation aux salons nationaux et internationaux. On l’aurait compris, ce document d’identification est de nature aussi à encourager l’intégration de l’artisan dans l’économie formelle.
Dans cette grande dynamique, les actions promotionnelles se poursuivent, ici comme sous d’autres cieux, pour assurer davantage de visibilité aux produits artisanaux.
Or, le Salon d’Agadir, qui s’est déroulé du 25 au 28 septembre, fait partie de ces événements promotionnels qui ont meublé le paysage des différentes régions du Royaume.
Et il ne s’agit pas uniquement de retenir le rôle de ces salons comme des vitrines pour «faire connaître», mais des plateformes commerciales. En effet, au moment où l’on assiste à un fulgurant développement en termes notamment de rentrées des exportations marocaines, qui ont pu dépasser le 1,1 milliard de dirhams l’année dernière, de récentes statistiques confortent la tendance haussière.
On retiendra à ce propos que rien que pour l’été dernier, et sur 500 jours d’expositions, sous le ciel marocain ou à l’international, ces événements ont vu affluer 8 millions de visiteurs, avec un chiffre d’affaires cumulé qui a plafonné à plus de 60 millions de dirhams.
Et il y a fort à parier que les rentrées du secteur de l’artisanat pulvériseront des records d’ici la fin de l’exercice en cours. Voire au-delà avec la mise sur pied de la market place.
Accords structurants
Outre les conventions destinées à améliorer le quotidien des artisans marocains, la cérémonie du Prix national a été également marquée par la conclusion de certains accords à caractère structurant.
C’est le cas notamment de la convention de partenariat, conclue entre le Secrétariat d’État, CGI Management et la CDG, pour la création de l’Oasis des arts de l’artisanat à Marrakech. Celle-ci sera composée d’un espace d’exposition des produits artisanaux, ainsi que d’un espace de repos et d’hébergement.
Dans la ligne des nouveautés à dimension régionale, on citera la convention spécifique de partenariat pour l’aménagement, la réhabilitation, l’équipement et l’animation de la Maison de l’Économie sociale et solidaire à Agadir.
Aussi, on retiendra la convention de partenariat, conclue entre la Chambre d’artisanat de Souss-Massa et l’association Souss-Massa Initiative, relative aux prêts d’honneur. Cette convention vise, en fait, à permettre aux artisans de bénéficier de crédits sans intérêt.

