Culture
Timitar : Quel effet sur la scène amazighe ?
Sauvegarde et transmission du patrimoine immatériel amazigh sont les objectifs du festival d’Agadir. Une machine rodée depuis la première édition.
La capitale du Souss vibre depuis jeudi 7 septembre aux rythmes de la 18ème édition du festival Timitar, organisé par l’Association Timitar, sous le Haut patronage de Sa Majesté le Roi Mohammed VI. C’est au Théatre de verdure d’Agadir, nouvellement relifté, que le bal de cette nouvelle édition a été lancé. Sur scène, l’artiste amazigh Rrayss Aarab Atigui, Amine Babylone, auteur du célébre tube ‘‘Zina’’ et la formation franco-marocaine Bab L’Bluz étaient à l’affiche. En cette fin d’été, malgré la rentrée scolaire, les Gadiris et les visiteurs de la ville sont encore dans une ambiance estivale, le climat et le cadre urbain de la station balnéaire s’y apprêtant. Pour cette 18ème édition, à travers deux scènes, la place Al Amal et le Théâtre de verdure, plus de 60 artistes d’origines diverses sont au programme pour célébrer la musique dans toutes ses composantes et bien plus encore.
Patrimoine immatériel
Depuis sa première édition, le festival Timitar est ainsi plus que des soirées artistiques. Production d’albums, des initiatives pour préserver le patrimoine culturel et le transmettre, des conférences, des milliers d’articles sur des supports nationaux et internationaux sont quelques-unes des actions mises en œuvre depuis son lancement. L’événement a réussi à insuffler une dynamique dans le milieu des artistes amazighs et à remettre au goût du jour le patrimoine musical des Rways. Rappelons dans ce contexte que Brahim El Mazned, directeur artistique du festival Timitar, a réalisé un travail remarquable sur ce sujet à travers l’anthologie des arts des Rways et un beau livre «Voyage dans l’univers des Rways» dédié à cet art amazigh. Ce travail a été mis en avant lors de la précédente édition de Timitar. Pour rappel, l’œuvre s’inscrit dans la perspective de l’inscription de cet art authentique à la liste du patrimoine immatériel de l’Unesco. Soulignons également que ce style musical conjuguant le chant et la danse est originaire du Souss et constitue une composante de l’identité plurielle du Maroc. Cet héritage musical est cependant peu documenté et donc vulnérable. C’est dire l’intérêt et l’importance de l’anthologie réalisée.
En matière de production, l’an dernier, un appui a été apporté à la réalisation de l’album de l’artiste rappeur Jamal Rass Derb. L’album baptisé «Tifawine» met aussi en valeur le patrimoine ancestral amazigh, notamment l’art de Tandamt. Ainsi, le festival contribue à la pérennité de l’art et la culture amazighs du Souss-Massa. Au cours des précédentes éditions, le festival Timitar s’est aussi positionné comme vecteur d’éveil artistique dans le milieu des jeunes pour un épanouissement à travers la culture. Dans ce cadre, plusieurs ateliers artistiques ont été organisés durant les précédentes éditions. Il s’agit par-là de contribuer à renforcer une identité et accentuer un sentiment d’appartenance collective, indispensable aux générations futures comme source d’inspiration et d’imagination. Timitar est enfin aussi une opportunité pour redonner du souffle au secteur des industries culturelles et créatives. Un moment pour mettre en exergue l’importance du travail et la place de l’artiste et des professionnels de la culture dans une société. Aujourd’hui, «après la décision historique de Sa Majesté le Roi Mohammed VI, instituant le Nouvel An amazigh comme jour férié au Maroc, cet honneur enrichit l’esprit du festival et renforce notre héritage culturel», soulignent les organisateurs.
