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Culture

Rachid Madaoui, une success story algérienne à Marrakech

Rachid Madaoui a voué sa vie à la lumière sur les plateaux du cinéma. «La lumière est au cinéma ce que l’alphabet est à la littérature», ne cesse-t-il d’affirmer. Algérien d’origine, il a choisi d’investir son savoir-faire et son capital conséquent à Marrakech. Focus.

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Il y a vingt-cinq ans, Rachid et sa femme Evelyne arrivèrent à Marrakech pour un séjour d’une semaine. Le couple est vite tombé amoureux de la ville ocre. «Toutes mes appréhensions relatives à mon origine algérienne ont fondu face à la bienveillance des fonctionnaires de l’aéroport Menara et à la sympathie des Marrakchis», se souvient Rachid Madaoui.

Avec quarante ans d’expérience au compteur, il avait envisagé un moment d’investir dans le secteur de l’ingénierie cinématographique en Algérie en y apportant son expertise et ses deniers. Les premières démarches l’en ont dissuadé. «Comment s’établir dans un environnement économique verrouillé où l’on est acculé à “arroser” tous azimuts pour la moindre autorisation ?», s’interroge-t-il encore aujourd’hui.

Une délocalisation sous le signe de la réussite
Et la lumière fut… à Marrakech ! Certes, il lui était arrivé par le passé de travailler sur de grosses productions cinématographiques au Maroc, de Ouarzazate à Tanger, en passant par Marrakech. Mais le coup de foudre pour la ville ocre frappa également son épouse Evelyne et leurs enfants. Ils n’hésitèrent donc pas longtemps à acquérir un grand appartement au quartier chic de l’Hivernage. Les va-et-vient des membres de la petite famille Madaoui entre Paris et Marrakech se multiplieront crescendo. Le couple finira par vendre l’appartement pour acquérir une superbe villa dans le quartier des Facultés. Peu à peu, l’idée de la création d’une entreprise audiovisuelle incluant l’éclairage, le son, l’image et la logistique lourde au service des tournages nationaux et surtout internationaux prendra forme. Les locaux furent trouvés à la zone industrielle de Sidi Ghanem et la société RVZ Maroc y fut créée aussitôt. Et cela a tout l’air d’une «délocalisation», même si la société mère continue son activité à Ivry dans la banlieue parisienne. Un autre Rachid, Fahim de son nom, professionnel marocain de la logistique cinématographique de son état, fut associé au projet à hauteur de 30%.

Avec un parcours de quarante ans et plus d’une centaine de films où il a éclairé les plateaux… avec les figures des Depardieu, DiCaprio, De Niro et autre Delon, aux côtés de son âme complice, Evelyne Madaoui, qui a été classée 30e du Palmarès de Women Equity for Growth, un portail dédié aux questions de croissance économique et de financement des PME, qui a pour objectif de présenter un état des lieux des questions et des bonnes pratiques de la mixité économique en Europe, tous les ingrédients étaient au rendez-vous d’une internationalisation de la société RVZ via la ville ocre.

La croissance par la diversification
Sur le site de la société à la zone industrielle marrakchie de Sidi Ghanem, l’associé marocain Rachid Fahim veille à la pérennité et à l’expansion de RVZ Maroc au sein d’un environnement dorénavant très concurrentiel où les tournages se multiplient en cascade sous une lumière qui a tant ébloui les cinéastes à travers le monde. En dépit donc d’une concurrence de plus en plus féroce, où, de Sigma Technologies à Butterfly Expo, en passant par Abchir, Tektron Maroc, A3SPROD, ou encore Mur du Son, les sociétés de production déléguée, de logistique cinématographique et de location de matériels audiovisuels se livrent une lutte acharnée pour les parts de ce marché devenu élastique, le secteur connaît une expansion fulgurante permettant une croissance pouvant atteindre jusqu’à 20% par an pour certains. Cette croissance est, cependant, consubstantiellement liée à la diversification en matière de performance technologique. Aussi, les deux Rachid, Algérien et Marocain, s’activent-ils à mettre en place des studios bourrés de technologie où les productions nationale et internationale pourront tourner les séquences intérieures dans les décors de leur choix. D’autant que Hanane Fahim, l’épouse de Rachid du même nom, est entichée de l’art photographique depuis son jeune âge et qu’elle aura ainsi à sa disposition de quoi émerveiller les visiteurs de ses expositions.

En tout cas, l’Algérien Rachid Madaoui, lui, ne tarit pas d’éloges à propos de son adoption par la ville d’Ibn Tachfine, vers laquelle il s’envole constamment autant pour ses activités professionnelles que pour y admirer la lumière qu’il ne trouve à nulle autre pareille. Pour un professionnel de l’éclairage cinématographique, cela s’apparente, comme il l’affirme constamment, à une «portion du Paradis».