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Culture

Musées : L’art pour tous, l’art partout !

Ces dernières années, le paysage muséal au Maroc s’est enrichi sous l’impulsion royale et avec la Fondation nationale des musées comme locomotive.

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Jusqu’à il n’y a pas longtemps, on parlait peu, voire pas de musées. Chercher un musée relevait de la quête du Graal. Les passionnés d’Histoire devaient se contenter de visites sporadiques dans les villes impériales, tandis que les férus d’art devaient s’adonner à leur passion sous d’autres cieux. Mais ça, c’était avant.

Le changement de paradigme a commencé en avril 2011, suite à la décision du Roi
Mohammed VI de créer la Fondation nationale des musées (FNM). Sa mission? La gestion pour le compte de l’État des musées nationaux, «ces lieux de conservation de notre Histoire et de notre identité plurielle». Il s’agissait concrètement de la rénovation de ces musées à travers à la fois la restauration et la modernisation des bâtiments qui, au fil des années, ont retrouvé leur âme, mais aussi la création de nouveaux espaces muséaux. En toile de fond, le souci de la transmission.

Deux années après la naissance de la FNM, on assiste à la mise sur pied d’une commission tripartite regroupant la Fondation, le ministère de la Culture et celui des Finances. Objectif : faire l’état des lieux des musées. Un travail qui a donné lieu à un rapport détaillé élaboré en 2013. Dans la foulée, une feuille de route a été tracée et le processus de passation des sites a été achevé en 2014. Il n’a pas fallu attendre beaucoup de temps pour le passage à l’acte puisque, cette même année, le Musée archéologique de Tétouan ouvre ses portes, ainsi que le Musée archéologique Bab AlOqba dans la même ville. Un avant-goût de ce qui allait suivre.

Des leviers de promotion
7 octobre 2014. Le grand coup d’accélérateur a été donné avec l’inauguration royale du Musée national Mohammed VI d’art moderne et contemporain. Un haut lieu de la culture annonciateur, surtout, du début de l’ancrage d’une culture muséale dans le Royaume.

L’inauguration officielle par le Souverain de cet édifice, en plein centre de Rabat, est venue donner tout son sens à la volonté royale d’imprimer une dynamique à ce secteur où il ne s’agit pas que de la mémoire collective, mais aussi de faire découvrir différentes expressions artistiques au grand public. S’inscrivant dans une démarche d’ouverture à l’international, la Fondation a tissé, au fil des ans, plusieurs partenariats avec diverses institutions muséales de par le monde.

On retiendra, à ce propos, la collaboration avec le Musée des civilisations de l’Europe et de la Méditerranée de Marseille, celle avec le Smithsonian Institution de Washington, ou encore la Fondation Giacometti et avec Arteurial et la Fondation César de Paris. Une série de partenariats auxquels il faudrait ajouter d’autres, notamment avec le Musée des Beaux-Arts Pouchkine de Moscou, le Musée du Kremlin et le Musée de l’Ermitage de Saint-Pétersbourg, etc.

Sans oublier des liens établis avec des institutions de la taille de l’Institut du Monde Arabe, le Musée du Louvre, le Centre Pompidou, pour ne citer que certains d’entre plusieurs autres. Des partenariats qui se traduisent par l’organisation d’expositions étrangères au Maroc, mais aussi dans l’autre sens. Le tout entrant dans le cadre d’une diplomatie culturelle qui participe au rayonnement du Royaume et qui constitue, dans le même temps, un levier de soft-power, voire une vitrine pour la promotion du tourisme culturel.

De la même manière qu’elle s’inscrit dans une démarche de proximité avec les publics locaux, notamment les jeunes générations. Outre les actions déjà en cours, la Fondation s’engage, nous indique son président, à développer davantage de partenariats avec les établissements scolaires, les universités et les associations de jeunesse. L’objectif étant de diffuser la culture muséale auprès des jeunes.

Si les réalisations sont significatives, «le chemin parcouru jusqu’à présent n’est qu’un point de départ prometteur pour une histoire qui ne fait que commencer», nous dit Mehdi Qotbi, président de la FNM.


Une ville, un musée

Après le déclenchement de la dynamique en 2014, la confirmation a suivi au fil des années. 2016 a connu l’ouverture du Musée de la Kasbah des cultures méditerranéennes à Tanger, puis 2017 verra l’inauguration du Musée des confluences Dar El Bacha à Marrakech, mais également celle du Musée de l’Histoire et des civilisations à Rabat. Un an plus tard, en 2018, deux nouveaux espaces ouvrent leurs portes : le Musée national de tissage et du tapis à Marrakech Dar Si Saïd et le Musée national de la céramique à Safi. La cadence est maintenue au fil du temps : le Musée national de photographie à Rabat voit le jour en 2020, suivi en 2021 par le Musée de Tanger Villa Harris et celui de la Kasbah, espace d’art contemporain dans la ville du Détroit. En 2022, c’était au tour du Musée national de la Musique à Meknès. Et ce n’est pas tout. 2023 devrait être une année faste, avec l’inauguration d’Agadir Musée Art, l’ouverture du Musée national de la parure aux Oudayas à Rabat, du Musée du patrimoine immatériel au cœur de la place Jamaâ El Fna à Marrakech ou encore du Musée Dar Niaba à Tanger. On annonce aussi l’inauguration prochaine du Musée d’Azilal et celui du football marocain à Maâmoura, respectivement courant juin et juillet.