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Culture

Mawazine 2025 : Au nom du père et du reggae, Julian Marley se confie

Julian Marley a illuminé Mawazine 2025, drapant la scène Bouregreg d’un «roots rock reggae» vibrant d’âme et de douceur. Fils de Bob, il a transformé la nuit en une cérémonie rasta, tissant des vibes d’amour et d’unité dans une communion vibrante avec une foule en transe.

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La scène Bouregreg du Festival Mawazine s’est imprégnée, ce samedi 28 juin, d’une énergie quasi mystique avec le fils du Tuff Gong Bob Marley : Julian. Dans une ambiance où la ferveur rasta se mêle à la chaleur d’un public en transe, l’artiste a livré une performance d’une intensité rare, tissant un lien indéfectible entre la foule et l’héritage universel du reggae. Retour sur un passage inoubliable et sur un artiste qui porte le flambeau avec une fougue bien à lui.

Dès que Julian Marley foule la scène, chemise jaune éclatante et dreadlocks dansant au vent, c’est un raz-de-marée. Guitare en bandoulière, il impose d’emblée une présence magnétique, celle d’un maître de cérémonie qui sait d’où il vient et où il va. Les premières notes de Lemme Go résonnent, et l’auditoire bascule dans l’euphorie. Boom Draw, Straighter Roads, Build Together : chaque titre est une déflagration, un appel à danser, à chanter, à vibrer. Accompagné de ses choristes vêtues de robes aux couleurs panafricaines — vert, jaune et rouge —, Julian déploie une énergie brute, bondissant d’un bout à l’autre de la scène, comme possédé par le groove.

Mais ce n’est pas qu’une question de tempo. Julian Marley, c’est aussi une voix, profonde et habitée, qui porte des messages d’unité et de spiritualité. Quand il reprend les classiques de son père – Get Up, Stand Up ou One Love –, le temps semble suspendu. La foule, jeunes Marocains, familles, rastas convaincus ou simples curieux, se transforme en un chœur géant, scandant les refrains avec une ferveur quasi religieuse. « Julian ! Julian ! We want more ! », hurle le public à la fin, debout, galvanisé, refusant de laisser partir cet ouragan rasta.

Rencontré le jour de sa performance, Julian Marley se livre avec une simplicité désarmante. Pour lui, le reggae n’est pas qu’un style musical : c’est une mission, un canal spirituel. «La musique, c’est être ouvert, connecté à une source divine, sans blocages. C’est comme ça qu’elle devient authentique, qu’elle touche les cœurs», confie-t-il, les yeux brillants. À Mawazine, cette connexion était palpable. Chaque note, chaque parole semblait porter un message plus grand : l’unité, la paix, et surtout, l’Afrique.

Car l’Afrique, Julian la porte en lui, comme une évidence. « Africa Unite », le slogan immortel de son père, est plus qu’un refrain : c’est un cri de ralliement. « Le reggae, c’est une porte ouverte sur l’Afrique, sur ses valeurs, sa force. Pour beaucoup, c’est par cette musique qu’ils découvrent le continent, avant même l’école », explique-t-il. À Rabat, face à un public marocain bouillonnant, il a donné corps à cette vision, mêlant les racines du reggae jamaïcain à une sensibilité qui résonne avec les terres maghrébines. « Ici, la vibe est unique. Le Maroc a une âme, une énergie qui donne des couleurs spéciales à la musique », ajoute-t-il avec un sourire.

À 50 ans, Julian Marley n’est pas seulement « le fils de ». Né à Londres d’une mère anglaise, Lucy Pounder, il a grandi dans l’ombre d’une légende, mais s’est forgé une identité propre. Multi-instrumentiste autodidacte, il maîtrise la basse, la guitare, la batterie et les claviers avec une aisance déconcertante.

Ce soir-là, Julian a prouvé qu’il est bien plus qu’un héritier. Son reggae, ancré dans la tradition roots, s’ouvre à des sonorités contemporaines qui parlent à toutes les générations… «C’était une bénédiction d’être ici», a-t-il lâché avant de quitter la scène, le poing levé, sous les acclamations. Jah Rastafari !