Culture
Dans les coulisses des séries ramadanesques
Comme à l’accoutumée, les chaînes marocaines Al Aoula et 2M ont dévoilé de nouveaux programmes pour le mois sacré, proposant aux téléspectateurs des séries inédites, mêlant drames familiaux, intrigues romantiques et explorations culturelles. Les moments forts.
Matinée, plateau extérieur. L’atmosphère semble détendue, mais une tension s’installe entre Yousra Bouhmouch et Saad Mouaffak… Derrière un moniteur, une voix s’élève: «Stop ! On reprend. Deuxième prise. Cette fois, c’est la bonne. Tout le monde en place ! Moteur !». Nous sommes dans les coulisses du tournage de «Dem Lmechrouk» qui bat son plein.
Une des nombreuses séries de Ramadan connu pour être une période phare de la fiction télévisée. Sous la direction d’Ayoub Lahnoud, ce drame captivant, l’un des plus attendus de la saison, suit le destin de trois sœurs précipitées à la tête d’un empire familial suite à la mort de leur mère.
Inexpérimentées et marquées par de profondes blessures, elles doivent affronter rivalités et trahisons pour sauver leur ferme en péril. Mais au-delà des enjeux économiques, c’est leur propre héritage qui est menacé : leurs oncles Kassem et Bachir, des adversaires redoutables, convoitent leur domaine, tandis que Rkia, cheffe d’un gang de voleurs de bétail, détient des secrets capables de bouleverser leur passé.
Dans cette fresque où la survie se mêle à la quête de vérité, Ayoub Lahnoud accorde une attention méticuleuse à chaque détail de mise en scène. Chaque regard, chaque mouvement est scruté avec soin. Pour lui, diriger les acteurs est une danse subtile où réalisateur et comédiens évoluent en harmonie.
«C’est une relation de confiance qui se tisse, confie-t-il. Mon rôle est d’accompagner mes acteurs dans la construction de leurs personnages, tout en respectant leur singularité». Ce travail commence bien avant le tournage. «Nous définissons ensemble l’identité du personnage: son apparence, son passé, ses motivations, précise Lahnoud. Puis, sur le plateau, nous affinons ce travail en jouant sur les nuances, en mettant en lumière certains traits et en en atténuant d’autres».
Pour lui, la véritable direction des acteurs dépasse la simple technique. «Tout repose sur une confiance réciproque, souligne-t-il. L’acteur doit avoir foi en mon regard, tout comme je dois me fier à son interprétation. C’est cette rencontre entre nos visions qui donne vie aux personnages».
Portée par des comédiens de talent, tels que Meriem Zaimi, Abdellah Didane, Mohamed Khiyari, Dounia Boutazout, Ayoub Abounacer, Sandia Aboutajedyne et Ayoub Gretaa, «Dem Lmechrouk» promet une immersion intense dans un univers où l’héritage familial est un champ de bataille. En attendant sa diffusion, nous savourons ces instants, curieux de découvrir le résultat final.
Plus de mets !
Autre drame marquant, «Charqi W Lgherbi», une romance sur fond de rivalités familiales. Ici, les téléspectateurs plongeront au cœur d’une vendetta familiale où l’amour devient une arme à double tranchant. Cette relecture moderne du mythe de Roméo et Juliette met en scène Abla et Yacoub, héritiers de deux clans ennemis que tout oppose.
Entre luttes territoriales et trafic de drogue, leur idylle interdite mettra à l’épreuve la force des sentiments face à la violence du passé. Peuvent-ils échapper aux rivalités et réécrire leur destin? La tension dramatique est amplifiée par une esthétique cinématographique maîtrisée, où les plans larges des paysages arides contrastent avec l’intensité des confrontations familiales.
Chaouki El Oufir a réuni pour sa série un casting de choix, avec notamment Samia Akarriou, Abdellah Didane, Aziz Hattab, Nora Skalli et Hanane Ibrahimi.
Entre manipulations, mensonges et règlements de comptes, «Jarh Kdim» est l’un des drames psychologiques s’invitant dans les soirées ramadanesques. Tam, psychiatre brillante, rentre au pays après des années d’exil en France pour affronter les fantômes de son enfance.
Traumatisée par une famille oppressive et une tante adepte de rituels occultes, elle découvre que les vérités qu’elle cherche à dévoiler sont encore plus sombres que ses souvenirs. Entre manipulation et quête de justice, ce thriller psychologique réalisé par Mourad El Khaoudi joue sur les contrastes entre lumière et obscurité, sublimés par l’interprétation magistrale de Nadia Ait.
Portée par un casting prestigieux, la série met également en scène des acteurs talentueux, parmi lesquels on retrouve Aziz Dadas, Majdouline Idrissi, Raouia, Zahira Sadik, Abdelaziz Ouenza, Yousri Mourrakchi, Souad Khouyi, Sahar Seddiki, Abdellah Didane, Abdeslam Bouhcini, Tarik Boukhari, Adil Aba Tourab, Kamal Haimoud, Tasnim Cheham et bien d’autres.
Drame et suspense
Dans un registre différent, «Ain Libra», réalisée par Ayoub Lanoud, offre une plongée dans l’univers de la haute couture marocaine, entre luxe, ambitions et jalousie. Au centre de l’intrigue, l’héritière d’un prestigieux atelier de confection de caftans doit se battre pour préserver son héritage, veiller sur sa fille et son intégrité, tout en affrontant les tourments de la soudaine renommée et les assauts médiatiques, les trahisons et les convoitises.
«Cette série explore les dessous sombres et parfois impitoyables de l’industrie de la mode et des réseaux sociaux. Elle met en lumière les défis auxquels sont confrontés les créateurs de mode et les personnalités publiques dans un monde hyperconnecté», apprend-on. «Ain Libra» offre une véritable galerie de portraits, avec des acteurs incarnant des personnages hauts en couleur.
Citons notamment Nisrine Benchara, Zineb Obeid, Saad Mouaffaq, Sahar El Maataoui, Said Bey, Maria Lalouaz. Entre héritages disputés, affrontements familiaux et secrets du passé, Al Aoula et 2M offrent une programmation taillée sur mesure pour captiver les téléspectateurs, estiment-elles.
Que ce soit pour plonger dans les méandres d’une romance interdite, suivre le destin de trois sœurs en quête de vérité ou explorer les dessous du monde de la mode, les fictions de cette saison 2025 rythmeront les soirées ramadanesques avec intensité et émotion.
•«Dem Lmechrouk», diffusée tous les jours à 19h25 sur 2M
•«Charqi W Lgherbi», diffusée tous les jours à 20h10 sur 2M.
•«Jarh Kdim», diffusée tous les jours à 20h sur Al Aoula.
•«Ain Libra», diffusée tous les jeudis à 21h45 sur 2M.