Ces jeunes qui craquent pour la Greentech

La Greentech fait de plus en plus d’émules chez les jeunes qui placent la question sociale, sociétale et environnementale au centre de leur réflexion entrepreneuriale.

A quelques encablures de la forêt d’Ait Melloul, dans la région d’Agadir, se dresse une ferme un peu particulière. Pas de trace de bovidés ni d’un quelconque mammifère à l’horizon. Ici, on élève… des insectes ! A l’origine de ce project, Hasna Afounnas, co-fondatrice de la marque Iziprotéine, revient sur la genèse de sa start-up: «Le démarrage de notre projet a été tellement dur et douloureux. On nous a pris pour des fous ! Ça a été compliqué pour notre entourage d’accepter l’idée qu’un élevage d’insectes puisse être valorisé. Mais voilà, quand on croit en quelque chose, et quand on aime ce que l’on fait, les résultats positifs arrivent et les mentalités changent petit à petit».
Iziprotéine a vu le jour en 2020, en plein confinement. C’est alors que Hasna Afounnas a l’idée de produire des protéines alimentaires, qui seraient consommables aussi bien par les humains que les animaux. Le concept repose sur un système d’économie circulaire permettant de satisfaire la demande en protéines tout en limitant le gaspillage alimentaire.

Tout sauf un effet de mode
Comme cette entrepreneuse, le domaine de la greentech fait de plus en plus d’émules chez les jeunes qui veulent se lancer dans des domaines diversifiés, qu’il s’agisse de recyclage des déchets, de sécurité alimentaire et énergétique, de construction écologique… Et c’est loin d’être un effet de mode pour ces jeunes qui placent la question sociale, sociétale et environnementale au centre de leur réflexion entrepreneuriale.
Dans cette perspective, de nombreux incubateurs et accélérateurs ont été créés pour accompagner les porteurs de projets dans la réalisation de leur rêve. Parmi eux, la Frenchtech Maroc qui accueille de plus en plus d’entrepreneurs verts. Jérôme Mouthon, son président, souligne : «Notre structure a soutenu un nombre important de projets green ces trois dernières années. Selon nos chiffres, plus de 30 projets font partie de la Frenchtech. Cela représente environ 10% de l’ensemble des startups de notre communauté». Selon lui, il est difficile de dire exactement comment se développe la greentech au Maroc, en l’absence de données plus récentes.
Toutefois, l’écosystème Green est encore loin d’avoir atteint son rythme de croisière. Si des projets émergent, d’autres rejoignent le cimetière des startups. Adnane Addioui, président du Centre marocain de l’innovation sociale (MCISE), explique à ce sujet que «l’écosystème existe, sauf que les entreprises et les institutionnels ne suivent pas les petits projets. Ils préfèrent suivre les entreprises qui ont au minimum deux à trois ans d’existence».
Pour Jérôme Mouthon, les freins restent d’ordre classique. «D’une manière générale, il peut être difficile de se lancer dans l’entrepreneuriat, surtout pour les jeunes, en raison de l’incertitude et des risques liés à la création et gestion d’entreprise», explique-t-il.
In fine, trouver un business model qui fonctionne, qui soit rentable et social est loin d’être facile. Car, contrairement à d’autres pays, il n’existe pas encore de mesures incitatives pour cette catégorie d’entrepreneurs. D’où l’importance de mettre en place un statut juridique spécial pour ce profil, à l’instar du modèle anglo-saxon.