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Archives LVE 1986 : Le Casablanca de l’an 2000

Il y a 40 ans, pour pouvoir jouer pleinement son rôle de capitale économique au rayonnement tant national qu’international, la ville a été dotée d’un schéma directeur d’aménagement urbain sur 98.000 ha.

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Le dahir relatif au schéma directeur d’aménagement urbain du Grand Casablanca a été signé le 25 janvier 1984. Le 28 mai 1985, un décret approuvait le texte et un autre, en date du même jour, approuvait les plans de zonage de la wilaya.

Dans le même temps était créée l’Agence urbaine de Casablanca, chargée de veiller au respect du schéma et à sa mise en application. Il importait donc, un an après cette entrée officielle en application du schéma, de faire le point.

Une réunion rassemblant tous les services et professions intéressés s’est tenue à la wilaya sous la présidence du ministre de l’Intérieur et de l’information, Driss Basri.

Basri procéda à une présentation d’ensemble du schéma et tint à souligner les progrès réalisés dans la cité, qui compte aujourd’hui près de 3 millions d’habitants, mais qui reste à une dimension normale, comparée à certaines métropoles qui ont drainé la majorité de la population de leur pays. C’est le cas de Mexico, de Bangkok, etc.

Casablanca ne compte que 12% de la population totale et 26% de la population urbaine. La croissance naturelle (3,3%) y est encore élevée, mais elle tend à décroître plus vite qu’on ne pouvait l’espérer. L’immigration rurale n’est que de 1% par an.

La part de Casablanca dans le produit intérieur brut est supérieure à celle de la population dans tout le pays, ce qui témoigne d’un dynamisme qui ne se maintiendra que si l’expansion de la ville se poursuit à un rythme suffisant, a dit Basri.

Le problème du logement, conséquence de la croissance démographique, ne parait pas toujours abordé avec méthode (…).

Les équipements ayant, pour certains, fait l’objet d’efforts considérables dans des secteurs prioritaires (éducation nationale, adduction d’eau, électricité, etc.) sont nettement insuffisants dans d’autres domaines comme les transports et l’assainissement.

Les activités mal réparties engendraient des transferts journaliers excessifs de populations, aggravés par le système radio-centrique du plan de Casablanca.

Après la refonte de son découpage administratif et communal, qui a marqué le début d’une réorganisation profonde et systématique de cette ville, souligne Basri, Casablanca s’est engagée dans la voie de la réhabilitation et de la restructuration urbaine, tant il est vrai que de ce point de vue, elle commençait à manifester de graves carences.

En effet, la ville a longtemps poussé dans une atmosphère de libéralisme complet et a fini par donner lieu à plusieurs composantes urbaines se présentant parfois dans un désordre difficilement acceptable.

Casablanca a sans doute connu de grands moments de planification urbaine, mais ils furent si épisodiques qu’elle en garde encore des traces et demeure dans ses récents développements une ville d’urbanisation spontanée.

Depuis le plan Ecochard, elle ne connut jamais de plan d’ensemble susceptible de lui offrir le support de son expansion. Le ministre a estimé que les différents plans et documents d’urbanisme qui ont été établis au cours des dernières décennies étaient trop limités dans l’espace et surtout incohérents et peu suivis en pratique.

De cette situation, constata-t-il, a découlé un décalage énorme entre l’organisation de la ville et son formidable développement.

Elle était parvenue à un état urbanistique qui ne reflétait pas réellement son image de ville active et dynamique (…). Le schéma directeur apparait aujourd’hui comme un document modèle, unique en son genre, aussi bien dans ses aspects juridiques que techniques.

Basri souligna les principales options retenues par le schéma directeur :
1° – Corriger les tendances naturelles du développement urbain de la ville vers le sud, c’est-à-dire vers Médiouna et Berrechid, ce qui pose des problèmes d’assainissement.
2°- Développer la ville sur un schéma linéaire le long du littoral vers Mohammedia, ce qui présente des avantages importants : infrastructure de base, communications faciles, facilités d’assainissement, terrains urbanisables, etc.
3° – Répartir les centres et les activités autour des trois nouvelles préfectures permettant de décongestionner le centre de Casablanca.
4°- Miser sur le développement des transports en commun pour assurer une fluidité de circulation appropriée.
5°- Améliorer la qualité urbaine par l’aménagement d’un certain nombre de sites particuliers (grands axes de voiries, corniches, quartiers d’affaires, etc.).
6° – Mise en place des moyens de gestion et de contrôle de développement urbain par l’application d’une politique foncière.
Basri insista ensuite sur le fait que la volonté royale procède d’une vision globale et perspective et ne saurait se limiter à la dotation d’instruments classiques.
La Vie Économique

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